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Ethique et bioéthique 07/04/2015

Don d'organes et greffes

Chaque année, plus de 4 700 greffes d’organes sont réalisées en France, et on estime que près de 40 000 personnes vivent grâce à un organe greffé. Mais ce sont plus de 14 400 malades qui chaque année ont besoin d’une greffe d’organe.

Voici quelques explications sur ce qu’est une greffe, les conditions pour donner un organe, la législation sur le don, et le déroulement d’une greffe.

 

Ce dossier est réalisé en partenariat avec l’Agence de la biomédecine.Pour en savoir plus, consulter le site de l'Agence de la biomédecine ou le site spécifique www.dondorganes.fr

La greffe d’organe en France

Cette technique médicale est de mieux en mieux maîtrisée, avec des résultats en termes de durée et de qualité de vie en constante progression. Les situations dans lesquelles une greffe d'organe est recommandée sont de plus en plus nombreuses et diversifiées.

Le principal obstacle à la greffe est le manque persistant d’organes disponibles, malgré la hausse des prélèvements.

En France, c’est l’Agence de la biomédecine qui gère la liste nationale des malades en attente de greffe, coordonne les prélèvements d’organes ainsi que la répartition et l’attribution des greffons, garantit que les organes prélevés sont attribués aux malades en attente de greffe dans le respect des critères médicaux et des principes de justice, et assure l’évaluation des activités médicales.

Qui est concerné par la greffe d'organes ?

Un organe est une partie du corps qui remplit une ou plusieurs fonctions bien déterminées. Par exemple, le poumon assure l’oxygénation du corps et en élimine le gaz carbonique. Chaque organe est essentiel au bon fonctionnement de notre organisme.

La greffe d’organes est envisagée pour remplacer un ou des organes défaillants par un ou des organes sains, lors d’un acte chirurgical.

Une greffe de cœur, de foie ou de poumons est vitale. Une greffe de rein, la plus couramment réalisée, permet d’améliorer considérablement la qualité et l’espérance de vie du patient. Il est également possible de greffer  le pancréas et des parties de l’intestin.

Parmi les malades susceptibles de recevoir un jour une greffe, on rencontre des personnes atteintes de malformation cardiaque, de mucoviscidose, d’insuffisance rénale terminale, de certains cancers…

On rencontre également des patients de tous âges, du bébé à des personnes de plus de 70 ans. Environ 24 % des patients qui ont reçu une greffe d’organes ont plus de 60 ans.

La décision de greffer est prise au cas par cas par un médecin. Tout dépend de l’évolution de la maladie, de l’efficacité des traitements prescrits, de l’état de santé général du malade.

Le remplacement de l’organe déficient est envisagé par le médecin qui suit le patient lorsque plus aucun traitement ne fonctionne : la greffe d’organe est un acte médical de la dernière chance.

Pour plus d’informations sur les malades concernés par la greffe, consultez l’article « quels organes greffe-t-on à quels malades ? » sur www.dondorganes.fr

Les conditions pour donner un organe

Aujourd’hui, le prélèvement d’organes est possible à tout âge. S’il est vrai que le cœur est rarement prélevé après 60 ans, les reins, le foie ou les cornées peuvent l’être sur des personnes beaucoup plus âgées. Aucun problème de santé ne constitue non plus un obstacle a priori au don. Les médecins évaluent au cas par cas les organes au moment du décès pour s’assurer de la qualité de la greffe qui sera réalisée.

Pour les mineurs, l’autorisation des parents ou des tuteurs légaux est indispensable au don.

Dans la majorité des cas, les donneurs sont des personnes décédées à l’hôpital après un traumatisme crânien, un accident vasculaire cérébral ou parfois après un arrêt cardiaque. Il est également possible qu’une personne vivante fasse don d’un organe, le rein notamment.

Le donneur d’organes décédé

Dans 90% des cas, l’organe provient d’un donneur décédé. Un donneur peut permettre de greffer plusieurs malades.

Le constat de mort repose sur trois observations cliniques : l’absence totale de conscience et de mouvements, la disparition totale des réflexes du tronc cérébral, l’absence de respiration spontanée. La mort implique donc toujours la destruction totale et irréversible des fonctions de l’encéphale, à savoir l’ensemble formé par le cerveau, le cervelet et le tronc cérébral.

Le prélèvement d’un ou de plusieurs organes est envisagé après le constat de décès. Les organes sont maintenus artificiellement en état de fonctionner par des techniques de réanimation jusqu’à l’opération de prélèvement. Le corps, traité avec respect, est ensuite rendu à la famille.

Pour plus de précisions, consultez l’article « L’origine des organes » sur www.dondorganes.fr.

Le donneur d’organes vivant

En France, le don du vivant se pratique principalement pour le rein (281 greffes en 2010, soit près de 9,7 % des greffes rénales et 94,3 % des greffes à partir de donneurs vivants). Ce don très encadré n’est possible qu’au bénéfice d’une personne très proche : parent, frère, sœur, enfant, grand parent, oncle, tante, cousin germain, conjoint, personne pouvant justifier de deux ans de vie commune avec le receveur.

Pour plus de précisions sur le don d’organe de son vivant, consultez l’article « Peut-on-donner-de-son-vivant ? » de dondorganes.fr.

Comment signaler son choix sur le don d'organes ?

Vous souhaitez que vos organes soient greffés à des malades après votre décès ? Il vous est demandé d’informer vos proches de cette décision. C’est la démarche recommandée.

Il est également recommandé de connaître le choix de vos proches pour être en mesure de témoigner pour eux au cas où.

Si l’on souhaite donner ses organes

Vous pouvez laisser une trace écrite comme une carte de donneur d'organes ou un mot. Cette démarche peut vous aider à consolider votre engagement ou à en discuter avec vos proches. Mais elle n’a aucune valeur légale. Carte ou non, l’équipe médicale consulte toujours les proches avant d’envisager tout prélèvement pour s’assurer que le défunt n’avait pas manifesté d’opposition de son vivant ou bien qu’il avait confirmé son accord de son vivant. Au mieux, la carte peut faciliter le dialogue avec les proches. Il faut savoir qu’un parent, un enfant, un conjoint qui n’a pas été psychologiquement préparé à comprendre et accepter ce don d’organes peut mal le vivre.

Vous trouverez sur dondorganes.fr des conseils pour parler à vos proches de votre accord pour donner vos organes.

Si l’on ne veut pas donner ses organes

Que vous soyez ou non favorable au don de vos organes après la mort, il faut dire votre choix à vos proches.

Si vous êtes opposé à tout prélèvement d’éléments de votre corps après votre mort, vous pouvez également vous inscrire sur le registre national des refus. Ce registre a une valeur légale : si votre nom y figure, aucun prélèvement ne sera pratiqué. Quand une équipe médicale fait face à un donneur d’organes potentiel, elle consulte systématiquement ce registre et elle arrête immédiatement les démarches de prélèvement si son nom apparaît.

S’inscrire sur le registre national des refus n’est pas obligatoire, mais c’est une assurance que sa volonté sera respectée.

Vous pouvez télécharger le formulaire d’inscription au registre national des refus sur dondorganes.fr

Le cadre réglementaire du don d'organes

Le principe du consentement présumé

En France, toute personne est considérée comme consentante au don d’éléments de son corps en vue de greffe si elle n’a pas manifesté d’opposition de son vivant (loi de bioéthique de 1994, révisée en 2004). Si l’on est opposé au don d’organes, il faut le dire à ses proches ou s’inscrire sur le registre national des refus. Avant d’entreprendre tout prélèvement, les équipes médicales consultent ce registre pour s’assurer que le défunt n’y est pas inscrit. Si son nom n’y figure pas, l’équipe médicale se tournera toujours vers les proches pour s’avoir si le défunt s’était opposé de son vivant au don d’organes.

L’anonymat et la gratuité

Selon la loi de bioéthique, le don d’organes est anonyme et gratuit. Ces principes garantissent l’équité du système et préservent les familles dans leur travail de deuil.  La gratuité signifie que toute rémunération en contrepartie du don d’organes est interdite. L’anonymat signifie que le nom du donneur ne peut être communiqué au receveur, et réciproquement. La famille du donneur peut cependant être informée des organes et tissus prélevés ainsi que du résultat des greffes, si elle le demande à l’équipe médicale qui l’a suivie.

L’attribution des organes

Les malades ayant besoin d’une greffe sont inscrits par leur médecin sur la liste d’attente gérée par l’Agence de la biomédecine. C’est également l’Agence qui orchestre 24 heures sur 24 l’attribution des organes, au travers de son pôle national de répartition des greffons.
La répartition tient compte des priorités médicales et des déplacements géographiques auxquels seront soumis les greffons. Certains patients de la liste d’attente sont prioritaires : les enfants, les receveurs dont la vie est menacée à très court terme, les receveurs pour lesquels la probabilité d’obtenir un greffon est très faible du fait de caractéristiques morphologiques ou immunogénétiques particulières.

Pour plus de précisions sur la réglementation concernant le don d’organe en France, consultez la rubrique « Les règles et le contrôle » du site dondorganes.fr

Comment se passe un prélèvement d'organes ?

Il n’existe pas de contre-indication de principe au don d’organes. Le prélèvement est décidé par l’équipe médicale au cas par cas, organe par organe.

Le prélèvement et la greffe d’organes sont réalisés par des spécialistes. Depuis l’identification de donneurs potentiels jusqu’au suivi des personnes greffées, interviennent successivement le médecin réanimateur, la coordination hospitalière du prélèvement, les chirurgiens spécialisés dans chaque organe.

L’articulation entre le prélèvement et la greffe fait également intervenir les médecins du service de régulation et d’appui de l’Agence de la biomédecine.

La démarche préalable : vérifier que le défunt ne s’était pas opposé au don de ses organes

Lorsqu’une équipe médicale fait face à un donneur d’organes potentiel, elle consulte systématiquement le registre national des refus pour vérifier si son nom y figure. Si c’est le cas, elle arrête immédiatement les démarches de prélèvement.

Si le défunt n’est pas inscrit sur le registre national des refus, l’équipe médicale doit obligatoirement interroger ses proches avant d’envisager tout prélèvement, pour vérifier qu’il n’était pas opposé au don, et ce même s’il avait une carte de donneur.

La consultation des proches est réalisée par l’équipe de coordination hospitalière du prélèvement, juste après l’annonce du décès par le médecin réanimateur.

La chaîne du don à la greffe

Le temps est compté entre le moment où l’organe est prélevé et le moment où il est greffé : il ne faut pas dépasser 3 à 4 heures pour un cœur, 6 à 8 heures pour un poumon…

Le prélèvement des organes est un acte chirurgical effectué au bloc opératoire, dans les mêmes conditions et avec le même soin que pour une personne en vie. Les incisions sont refermées et recouvertes par des pansements. Si les cornées sont prélevées, elles sont remplacées par des lentilles transparentes. Une fois l’opération effectuée, le corps est habillé et rendu à la famille, qui peut réaliser les obsèques qu’elle souhaite. Aucun frais n’est demandé à la famille du défunt.

Les greffons sont placés dans des glacières puis sont transportés rapidement vers les hôpitaux où auront lieu les greffes. La préparation pour la greffe est réalisée par des équipes médicales expérimentées et spécialement formées. Une greffe peut mobiliser jusqu’à 8 personnes et durer près de 12 heures.

Pour plus d’informations sur les différentes étapes du don à la greffe, consultez la rubrique « Les différentes étapes » de dondorganes.fr.

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