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Actualités 07/01/2009

Plus de 18 millions de consultations chaque hiver pour les pathologies ORL de l´enfant



[egora.fr] 11,9 millions de consultations pour les rhinopharyngites, 2,9 millions pour les otites moyennes aigues, 2,6 millions pour les angines, 1,5 million pour les laryngites, 0,8 million pour les sinusites : les pathologies ORL de l´enfant représentent 18,6 millions de consultations chaque hiver, soit 1,65 consultation par enfant et par an.

C´est la première fois que l´incidence de ces consultations fait l´objet d´une estimation, dans le cadre de l´observatoire Hivern@le-KhiObs mis en place en 2005 par l´Inserm (1). Menée durant les hivers 2005-2006 et 2006-2007, et basée sur la participation d´un réseau de 1 000 à 1 500 médecins, l´étude révèle que le taux d´incidence hebdomadaire moyen de consultations pour ces pathologies s´élève à 11,85 pour 100 enfants de moins de 15 ans. Cette valeur est 15 fois supérieure à celle estimée pour les consultations de syndromes grippaux de l´ensemble de la population.
« Principales sources de consultations auprès des médecins généralistes et des pédiatres durant la période hivernale », ces pathologies ORL pouvant être considérées comme bénignes ont des implications multiples, notent les auteurs de l´étude.

Encore trop d´antibiotiques ?

Bien que la plupart de ces pathologies soient d´origine virale (la majorité des rhinopharyngites, 7 angines sur 10 et 30 à 40% des otites moyennes aigues sont d´origine virale), elles occasionnent en France durant les mois d´hiver « une augmentation excessive (+33% en moyenne) de l´exposition aux antibiotiques associés aux affections aériennes aiguës », indiquent les chercheurs. Ce qui contribue à l´émergence de résistances des germes : « la France avait, en 2006, l´un des taux de résistance du pneumocoque à la pénicilline les plus élevés d´Europe (36%) ».
Ces chiffres coïncident avec les données de l´Assurance maladie, qui mène depuis 2002 une campagne de bon usage des antibiotiques et déplorait encore, fin 2008, que 28% des patients et 35% des enfants continuaient de prendre des antibiotiques pour des infections virales. Un point de vue toutefois relativisé par certains pédiatres, qui déplorent que la campagne «Les antibiotiques, c´est pas automatique» ait eu pour effet de «diaboliser» ces médicaments. Résultat, les enfants arriveraient plus souvent qu´avant aux urgences avec des infections pulmonaires graves.

1 milliard d´euros

L´observatoire s´est penché, par ailleurs, sur l´impact économique de ces pathologies ORL hivernales de l´enfant. Le montant moyen de l´ordonnance a ainsi été estimé à 29,4 euros. « En première approximation et en se fondant uniquement sur ces coûts directs (avec une consultation à 22 euros), la charge des affections ORL représente plus de 1 milliard d´euros », notent les chercheurs. Sans compter les répercussions en termes d´absentéisme scolaire et d´arrêts de travail des parents.
(1) Source : BEH, 6 janvier 2009 / n°1.

Catherine Holué

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Article paru le Mardi 6 Janvier 2009 sur www.egora.fr

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