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Actualités 23/02/2010

***** (1 notes)

Les Européens apprécieraient le 112... s'ils le connaissaient


[hopital.fr] Depuis près de vingt ans, le 112 est le numéro d'appel d'urgence commun à tous les pays de l'Union européenne. Mais un sondage de la Commission montre que trop peu d'Européens connaissent ce numéro.

L'idée de créer un numéro européen unique pour les appels d'urgence est ancienne, puisque la décision remonte à un Conseil des communautés européennes - selon l'intitulé de l'époque - qui s'est tenu le 29 juillet 1991. Il a pourtant fallu attendre l'an 2000 pour que le 112 fonctionne effectivement dans tous les États membres de l'Union européenne. Désormais, le 112 peut être composé à partir d'un téléphone fixe ou portable - même bloqué ou sans crédit - avec n'importe quel opérateur européen. Tout n'est cependant pas encore pleinement harmonisé, puisque certains pays utilisent le 112 comme seul numéro d'appel d'urgence, tandis que d'autres reroutent les appels vers les numéros d'appels d'urgence traditionnels. C'est le cas notamment en France, où les appels sur le 112 sont renvoyés - de façon transparente pour l'usager - sur le 15 (Samu) ou le 18 (pompiers).

Avec sa généralisation depuis près de dix ans, le 112 est-il pour autant devenu de numéro de référence pour tous les Européens ? Rien est moins sûr, si l'on en croit les résultats d'une enquête réalisée par Eurobaromètre, l'organisme communautaire qui suit l'évolution de l'opinion pour le compte de la Commission européenne.

Sur l'utilité d'un numéro européen d'appel d'urgence, c'est un véritable plébiscite : plus de neuf Européens sur dix (entre 93 et 98% selon les pays, 94% en France) trouvent tout à fait ou plutôt utile de disposer d'un tel numéro. Mais ces résultats ne se retrouvent absolument pas lorsque l'on demande aux Européens s'ils connaissent le 112. Seul un quart d'entre eux (25%) déclare en effet être au courant de son existence. Et la notoriété du 112 peine à décoller : entre 2008 (date de la précédente enquête d'Eurobaromètre sur la question) et 2010, elle n'a progressé que de trois points. Contrairement à la question précédente, on observe des écarts importants entre les pays. Ainsi, le pourcentage de personnes déclarant connaître l'existence du 112 va de 4% en Italie, 7% en Grèce et 8% en Grande-Bretagne à 56% en Pologne, 59% au Luxembourg et 61% en République Tchèque. La France se situe juste au dessus de la moyenne européenne, avec 27% de personnes déclarant connaître le 112.

Il n'est donc pas étonnant que 62% des Européens jugent que leurs concitoyens sont mal ou très mal informés sur l'existence du 112. Conséquence logique : 87% des citoyens européens estiment que leur pays devrait faire davantage pour la notoriété du 112. Les réponses positives sur cette question s'étagent entre 73% (Pays-Bas) et 97% (Grèce et Chypre).

Devant ces résultats plutôt médiocres, près de vingt ans après le lancement du 112, Viviane Reding, la commissaire européenne chargée des Télécommunications, a déclaré que "le numéro d'urgence européen devrait cesser d'être le secret le mieux gardé d'Europe [...]. Il est inacceptable que moins d'un quart des citoyens connaissent le 112 ou que des barrières linguistiques empêchent les voyageurs qui appellent le 112 de communiquer avec l'opérateur". La Commission européenne a donc décidé de faire désormais du 11 février "la Journée européenne du 112". Mais, au vu du peu d'échos de la dernière journée, il reste encore également des progrès à faire en ce domaine.

Pour plus de renseignements (en anglais) :
http://ec.europa.eu/public_opinion/flash/fl_285_en.pdf

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