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Actualités 28/05/2019

Le point sur le traitement des cancers de l’ovaire avec les Hospices Civils de Lyon (HCL)

Son caractère asymptomatique au stade initial et sa dispersion à l’ensemble de l’abdomen aux stades avancés font du cancer de l’ovaire l’un des plus difficiles à traiter. Dans les trois quarts des cas, le diagnostic est posé à un stade avancé, ce qui signifie que d’autres organes à proximité ou à distance de l’ovaire malade sont déjà touchés.

La chirurgie est le traitement de référence du cancer de l’ovaire. Elle vise à supprimer la totalité de   la tumeur et des cellules cancéreuses qui pourraient migrer vers les organes voisins. Cette chirurgie lourde et complexe repose sur l’ablation d’un ou plusieurs organes (utérus, ovaires, ganglions…) et doit être pratiquée par des équipes entrainées, au sein d’un centre spécialisé disposant d’un service de soins intensifs. Une chimiothérapie intraveineuse est associée selon le stade et la localisation de la tumeur.

Seulement, certains cancers de l’ovaire répondent incomplètement au traitement par chimiothérapie initial, récidivent ou développent des résistances aux médicaments. Fort de l’expertise de ses équipes, l’Institut de Cancérologie des Hospices Civils de Lyon a intensifié sa recherche pour développer des traitements innovants et apporter des solutions à chaque patiente atteinte d’un cancer de l’ovaire :

La CHIP, nouvelle option de première ligne

La Chimiothérapie Hyperthermique Intra-Péritonéale consiste, après une chirurgie de résection de tous les foyers visibles du cancer, à traiter la maladie « invisible » en diluant et chauffant à 42°C des produits de chimiothérapie directement dans la cavité péritonéale. Initiée en France à l’hôpital Lyon Sud - HCL en 1989 par le Pr François-Noël Gilly et reconnue depuis comme standard thérapeutique dans le traitement des carcinoses péritonéales primitives, la CHIP a bouleversé le pronostic de ces cancers en les réintégrant dans le champ des pathologies curables.

Depuis près de 30 ans, cette technique est proposée au sein des HCL à des patientes traitées pour un cancer de l’ovaire, le plus souvent après épuisement de l’arsenal thérapeutique. Récemment, l’Institut National du Cancer (INCA) a retenu la CHIP comme option de traitement de première ligne chez les patients avec une maladie inopérable d’emblée. Cette nouvelle option permet ainsi à un plus grand nombre de patientes de bénéficier de l’expertise développée aux HCL.

 

Les traitements ciblés et l’immunothérapie sur le devant de la scène

Les traitements ciblés exploitent une particularité ou un point vulnérable des cellules cancéreuses  pour les détruire plus efficacement. Certains traitements ciblés sont en prescription systématique, d’autre sont considérés comme traitements innovants et ne peuvent être utilisés que dans le cadre d’un essai clinique.

L’immunothérapie est un traitement innovant déjà validé pour d’autres cancers. Son efficacité dans le cancer de l’ovaire est en train d’être évaluée par de multiples essais cliniques nationaux et internationaux qui sont pour la plupart accessibles aux HCL. A partir du troisième trimestre 2019, l’essai clinique ICONIC promu par les HCL, offrira aux patientes une combinaison unique des traitements comme la chimiothérapie standard, la CHIP et l’immunothérapie intrapéritonéale. Il s’agit sans doute d’une première mondiale.

Les médecins des trois services de gynécologie des HCL engagés dans la lutte contre le cancer de l’ovaire (HFME, hôpitaux Lyon Sud et Croix-Rousse) ont décidé récemment d’organiser une Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP) commune. Ainsi les patientes se verront proposer les mêmes traitements « standard » ou les mêmes traitements innovants quel que soit leur hôpital d’origine. Des dossiers de patientes traitées hors HCL pourront également faire l’objet d’une discussion collégiale au sein de cette RCP.

 

Une reconnaissance de l’expertise du cancer de la personne âgée 

Les personnes âgées présentent bien souvent, en plus de leur cancer, des pathologies liées à l’âge comme une maladie cardiovasculaire, de l’arthrose, voire une maladie d’Alzheimer, qui retardent le diagnostic, aggravent le pronostic et compliquent la prise en charge. Afin de soigner au mieux cette typologie de patients, les HCL – par le biais de leur Institut du Vieillissement - ont depuis longtemps mis en place une filière de soins spécifique en oncogériatrie, qui associe spécialistes du cancer (oncologues) et du sujet âgé (gériatres).

L’étude randomisée internationale EWOC (Elderly Woman Ovarian Cancer), promue par les HCL  vient de répondre à une interrogation fréquemment posée par les patientes, leurs familles et la communauté médicale : faut-il adapter – et réduire - l’intensité des traitements lorsque l’état des patientes semble difficilement compatible avec la chimiothérapie ? Les résultats de cette étude, sans appel, sont en faveur d’un maintien de l’effort chimiothérapique chez des patientes identifiées comme vulnérables. Ainsi, l’enjeu n’est pas de réduire l’intensité des traitements mais d’optimiser l’état de santé des patientes afin qu’elles puissent recevoir le traitement le plus approprié : un enjeu partagé justifiant une collaboration étroite entre oncologues et gériatres.

Le Pr Claire Falandry, oncogériatre aux HCL, présentera les résultats de cette étude unique et majeure au congrès américain de l’ASCO qui rassemble chaque année au mois de juin les plus grands experts mondiaux de la cancérologie.

Le cancer de l’ovaire touche environ 4 700 nouvelles patientes en France par an, dont presque la moitié a plus de 70 ans au moment du diagnostic. Compte tenu de sa faible incidence, ce cancer est considéré comme une maladie rare.

Dans 10% des cas, son origine est génétique et principalement en rapport avec une mutation du gène BRCA. Dans les autres cas, des facteurs de risque ont été identifiés tels que la ménopause tardive, l’infertilité

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