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Une consultation gériatrique pour des cancéreux âgés conduit à une modification de traitement chez une partie des patients

[APM] Une consultation gériatrique pour des patients âgés souffrant de cancer conduit à modifier leur traitement anticancéreux dans une partie des cas et à améliorer également leur prise en charge globale, confirment des études françaises présentées mardi au congrès international de gérontologie et gériatrie qui se tient cette semaine à Paris.

Ces expériences de collaborations entre oncologues et gériatres tendent à confirmer l'intérêt de la coordination en oncogériatrie, dont la généralisation est recommandée à la fois dans le rapport Grünfeld qui préfigure le nouveau plan cancer et dans un rapport de l'Institut national du cancer (Inca).

Une équipe de l'hôpital Charles-Foix à Ivry et de la Pitié-Salpêtrière à Paris a présenté une étude évaluant deux ans de pratique d'une consultation gériatrique à destination de patients âgés cancéreux pour lesquels la décision thérapeutique des oncologues s'avère complexe.

Selon le résumé de la présentation de Pascal Chaibi de Charles-Foix, 161 patients de 82 ans en médiane sont passés par cette consultation. La majorité d'entre eux étaient en première ligne de traitement, plus de la moitié présentaient des cancers digestifs, en premier lieu colorectaux.

Près de la moitié de ces patients (75) avaient des comorbidités de grade 3 ou 4. Il y avait également un état de dépendance chez 52 patients, une altération cognitive chez 42 -dont 13 maladies d'Alzheimer-, une malnutrition chez 104, soit les deux tiers des patients, et 29 étaient en dépression.

Cette évaluation a conduit à modifier le traitement anticancéreux chez la moitié des patients. Il s'agissait de délais dans le traitement pour cinq patients et de réductions de l'intensité de la chimiothérapie pour 29 autres, mais aussi de traitements plus intensifs pour 45 patients.

Les délais et réductions d'intensité concernaient des patients ayant plus de comorbidités et les intensifications concernaient plus souvent des patients présentant une maladie métastatique.

Outre la modification du traitement anticancéreux, des "interventions gériatriques" ont concerné les trois quarts des patients. Au total, la consultation gériatrique a conduit à une modification thérapeutique pour 82% des patients, indiquent les médecins.

Un résultat proche a été rapporté lors de la même session par une équipe de l'hôpital Henri-Mondor à Créteil. Dans ce travail présenté par Johana Vouriot, 201 patients ont été évalués. Ils avaient 80 ans en moyenne et présentaient eux aussi en majorité des cancers digestifs. Ces patients avaient en moyenne 4,7 comorbidités. Près de 80% des patients étaient considérés comme fragiles.

Cette consultation gériatrique a conduit à une modification du traitement anticancéreux dans un tiers des cas.

Egalement dans un tiers des cas, des modifications du traitement non-oncologique ont aussi eu lieu. Le gériatre a par ailleurs recommandé pour certains patients une prise en charge sociale, de la kinésithérapie, une intervention nutritionnelle, un soutien psychologique ou une consultation mémoire.

"La consultation gériatrique a eu un impact significatif sur la décision médicale", concluent les auteurs.

fb/ab/APM
redaction@apmnews.com

logo APM (Agence de Presse Médicale)

PARIS, 7 juillet 2009 (APM)



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