Réduire la pression artérielle prévient la morbi-mortalité cardiovasculaire chez les patients dialysés
[APM] Les traitements qui réduisent la pression artérielle ont un effet préventif contre la morbi-mortalité cardiovasculaire chez les patients dialysés, suggère une méta-analyse australo-néerlandaise à paraître dans The Lancet.
La pression artérielle est souvent plus élevée chez les patients dialysés à cause de la fonction réduite des reins dans l'homéostasie.
Plusieurs essais cliniques ont suggéré que l'abaissement de la pression artérielle dans la population générale et chez les patients à un stade débutant d'une insuffisance rénale chronique ont un bénéfice sur le plan cardiovasculaire mais cette stratégie reste discutée chez les dialysés, rappellent Hiddo Lambers de l'université de Sydney et ses collègues.
Ils ont donc conduit une revue systématique de la littérature puis une méta-analyse de huit essais cliniques contrôlés, évaluant en ouvert ou en double aveugle un agent antihypertenseur (des inhibiteurs de l'enzyme de conversion, des antagonistes des récepteurs de l'angiotensine, des bêta-bloquants et des inhibiteurs calciques), recueillant des données pour 1.679 patients dialysés, porteurs d'une hypertension artérielle (HTA) ou non.
Au cours des suivis variant d'un an à trois ans, 495 événements cardiovasculaires ont été observés.
La baisse moyenne de la pression artérielle systolique a été de 4,5 mmHg et celle de 2,3 mmHg chez les patients recevant un agent antihypertenseur par rapport à un placebo ou un traitement conventionnel.
L'analyse des données indique que les patients recevant un médicament antihypertenseur ont un risque d'événements cardiovasculaires réduit de manière significative, de 29% par rapport aux contrôles. Le résultat reste similaire après exclusion de deux essais non publiés et il n'apparaît pas de biais de publication.
Les traitements antihypertenseurs étaient aussi associés à une mortalité toutes causes confondues réduite de manière significative, de 20%, et à une mortalité cardiovasculaire en particulier de 29%.
Les résultats étaient comparables que les patients présentent ou non une HTA ou une autre comorbidité (diabète notamment) et quels que soient les médicaments utilisés.
Cette méta-analyse suggère qu'il faudrait envisager la prescription en routine de médicaments réduisant la pression artérielle chez les patients dialysés pour prévenir les événements cardiovasculaires et la mortalité, concluent les chercheurs.
Ils calculent qu'il serait possible ainsi, en extrapolant leurs données à une large population de patients dialysés avec une mortalité annuelle d'environ 10%, de prévenir deux décès sur 10 attendus pour 100 patients par an.
Dans un éditorial, Charles Tomson du Southmead Hospital estime que ces résultats ne suffiront pas à mettre fin à la controverse sur les moyens de réduire le risque cardiovasculaire des patients dialysés. De nombreux néphrologues sont réticents à prescrire des antihypertenseurs à cette population en raison notamment du risque d'hypotension, rappelle-t-il.
D'autres essais cliniques de grande envergure sont donc nécessaires pour confirmer le potentiel des antihypertenseurs chez les dialysés, conclut-il.
(The Lancet, édition en ligne du 26 février, 7 et 2 pages)
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LONDRES, 27 février 2009 (APM)