Prise en charge de la migraine aux urgences: les triptans insuffisamment prescrits
Dominique Valade du centre des urgences céphalées de l'hôpital Lariboisière à Paris, qui a présenté ces résultats jeudi, rappelle en préambule qu'une partie des migraineux ne consultent pas et optent pour l'automédication, ce qui "entraîne un risque d'abus médicamenteux menant à une chronicisation". De ce fait, "les patients qui consulteront sont susceptibles de le faire aux urgences lors d'un épisode soit inaugural, soit sévère ou réfractaire au traitement habituel".
D'où l'intérêt de mieux appréhender les caractéristiques des patients migraineux vus aux urgences et la façon de les traiter. C'est pourquoi une étude a été conduite dans 22 centres. Tous les patients migraineux vus durant une semaine aux urgences de ces centres ont été étudiés.
Parmi 15.835 patients vus aux urgences, 3,1% présentaient des céphalées parmi lesquels 0,6% présentaient des migraines.
Il s'agissait d'une première crise pour 15,6% des patients, les autres ayant des migraines depuis moins de cinq ans pour 34,4% et plus de cinq ans pour 50%. En moyenne, ces patients (trois quarts de femmes) avaient eu 5,3 crises au cours des trois mois précédant l'admission.
La moitié des patients n'étaient pas suivis régulièrement pour leurs migraines et "la majorité de ces patients se sont présentés pour une sévérité inhabituelle de la crise et/ou un échec du traitement de crise utilisé", indiquent les auteurs dans le résumé de leur communication.
En matière de traitement de ces migraines aux urgences, 62% des patients ont reçu un analgésique de palier 1, 43% un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) et seulement 11% un antimigraineux de la classe des triptans. Il y avait également 9% d'analgésique de palier 2, 2% d'opioïde, 1% de tricycliques, 11% d'autres traitements; 9% des patients n'avaient pas reçu de traitement.
A la sortie, 47% des patients ont eu une prescription d'AINS, 36% d'analgésique et seulement 8% de triptan.
La prise en charge était globalement satisfaisante en apparence, 70% des patients ayant affirmé qu'ils avaient été satisfaits. Pourtant, les auteurs ont constaté que seulement "20% des patients ont quitté les urgences avec un soulagement complet", et "50% ont pu retourner à une activité normale seulement 24 à 48 heures après la sortie", ce qui suggère une insuffisance en termes d'efficacité des traitements prescrits.
De ce fait, bien que les premières conclusions de l'étude soient que les urgentistes suivaient bien les recommandations (traitement non spécifique en premier, antimigraineux spécifique en cas d'échec), les auteurs concluent aussi que "la prise en charge de la migraine aux urgences pourrait être améliorée par un accroissement de la prescription des triptans".
fb/ld/APM
redaction@apmnews.com
PARIS, 8 janvier 2009 (APM)



Comment choisir un hôpital ?