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Plus d'un généraliste sur dix se déclare en détresse psychologique, selon une étude de la Drees

[APM] Plus d'un médecin généraliste sur dix se déclare en détresse psychologique, les femmes étant deux fois plus concernées que les hommes, selon une étude de la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees).

La Drees a interrogé 1.900 médecins généralistes installés dans cinq régions (Basse-Normandie, Bretagne, Bourgogne, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Pays-de-la-Loire) à l'automne 2008 sur leur état de santé et sur les facteurs liés à leurs conditions d'exercice pouvant y être associés.

La Bourgogne enregistre la proportion la plus importante de médecins présentant un état de détresse psychologique (17%), contre 13% en Paca, 12% en Pays-de-la-Loire, 11% en Bretagne et 10% en Basse-Normandie. Les femmes sont plus souvent en détresse psychologique que les hommes (19% contre 10%).

C'est en Basse-Normandie que la proportion de médecins qui ont eu des idées et des projets de suicide est la plus élevée: 4% contre moins de 2% dans les autres régions du panel. Les médecins qui exercent seuls sont plus nombreux que les autres à avoir eu des projets de suicide.

Près d'un médecin généraliste sur cinq déclare avoir subi des violences ou agressions dans le cadre de son activité professionnelle au cours des 12 derniers mois. Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à déclarer en avoir subi: 24% contre 18% pour les hommes.

Le recours aux psychotropes par les médecins généralistes est proche de celui de la population générale. Au cours des 12 derniers mois, 20% des médecins ont déclaré avoir pris des anxiolytiques ou des hypnotiques et 5% des antidépresseurs. Dans les deux cas, les femmes sont significativement plus nombreuses à en avoir consommé.

Pour 60% des médecins (77% pour les médecins bourguignons), le traitement antidépresseur a été auto prescrit, ce qui présuppose un autodiagnostic des médecins.

Les risques liés au tabac et à l'alcool sont davantage pris en compte par les médecins généralistes que par les professions intellectuelles et d'encadrement.

Au moment de l'enquête, 18% des médecins ont déclaré être fumeurs dont 4% occasionnellement et 14% quotidiennement. Les hommes sont plus nombreux que les femmes à fumer régulièrement (15% contre 11%). Près de 34% des médecins sont d'anciens fumeurs.

La consommation d'alcool à risque ponctuel ou chronique sans dépendance chez les médecins diffère selon la région d'implantation. Les médecins bas-normands sont plus nombreux à présenter une consommation à risque chronique que les médecins des autres régions du panel (11% contre 6% en moyenne pour l'ensemble des autres régions).

Pour les moins de 55 ans, le risque d'alcoolisation ponctuel ou chronique sans dépendance est moins élevé chez les médecins généralistes qu'en population active globale ou que chez les cadres et professions intellectuelles supérieures. Pour les plus de 55 ans, ces écarts sont plus faibles.

Huit médecins sur dix en bonne santé

De manière générale, huit médecins sur dix se déclarent en bonne santé, mais un médecin sur trois a déclaré une maladie ou un problème de santé chronique ou à caractère durable.

La proportion des médecins généralistes concernés par ces problèmes de santé est deux fois et demie plus importante après 55 ans qu'avant 45 ans, avec respectivement 43% contre 16%. Pour les femmes, elle varie de 21% chez les moins de 45 ans à 38% chez les 55 ans ou plus.

Les médecins généralistes sont plutôt moins nombreux à déclarer souffrir de ce type de problèmes que l'ensemble de la population active et les cadres. Les auteurs de l'étude précisent que ce résultat "doit être nuancé" car les médecins appréhendent la maladie et son caractère chronique d'une manière différente, ce qui rend la réponse difficile à comparer.

Par rapport aux hommes actifs, les médecins généralistes se déclarent plutôt en meilleure santé générale. Ainsi, les médecins généralistes âgés de 45 à 54 ans sont 84% à se déclarer en bonne, voire très bonne santé, contre 79% des hommes actifs de cette classe d'âge. Les femmes médecins ont, quant à elles, une perception de leur état de santé relativement conforme à celle déclarée par l'ensemble des femmes actives de la même classe d'âge.

En revanche, la proportion de médecins généralistes déclarant un bon ou très bon état de santé est "nettement inférieure à celle des cadres et professions intellectuelles supérieures, quelle que soit la classe d'âge et pour les deux sexes".

Un peu moins d'un médecin sur dix est pris en charge au titre d'une affection de longue durée (ALD), soit une proportion légèrement inférieure à celle observée à fin 2007 sur la population âgée de 30 à 64 ans couverte par le régime général de l'assurance maladie (13,5%).

Les médecins mentionnent avant tout la fatigue, puis le stress et les troubles du sommeil parmi les signes ou symptômes ressentis au cours des 12 derniers mois. Les cadres ou professions intellectuelles supérieures citent en premier le stress, puis la fatigue et, dans une moindre mesure, les troubles du sommeil.

La proportion des médecins se déclarant régulièrement fatigués est "presque deux fois plus élevée que celle des cadres et professions intellectuelles supérieures".

Un médecin sur trois apparaît en surcharge pondérale: 27% sont en surpoids et 7% sont obèses. Mais, l'indice de masse corporelle (IMC) est moins élevé que celui des cadres et professions intellectuelles supérieures, déjà plus bas que pour la population active dans son ensemble.

La Drees note une forte participation des médecins généralistes aux dépistages des cancers gynécologiques, mais une participation encore "trop limitée" au dépistage du cancer colorectal.

*Etude de la Drees, "santé physique et psychique des médecins généralistes", juin 2010, 8 pages
mh/so/APM polsan
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PARIS, 10 août 2010 (APM) -



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