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Les patients greffés ont un moins bon pronostic en cas de cancer que la population générale, montre une étude américaine publiée dans Transplantation.

[APM] Les receveurs d'un greffon présentent un risque plus élevé de cancers induits par des virus comme les syndromes lymphoprolifératifs (virus d'Epstein-Barr), le sarcome de Kaposi (HHV-8) et les cancers de la vulve (HPV), mais plutôt moins de cancers parmi les plus fréquents. Il existe peu de données sur l'évolution des cancers chez ces patients.

Une équipe de l'Université de Cincinnati a comparé les données de deux registres, le registre international des tumeurs Israel Penn (635 adultes), créé par cette université, et le registre américain SEER (Surveillance, Epidemiology, and End Results database) qui comprend plus de 1,2 million d'adultes de la population générale ayant eu un cancer (il représente environ un quart des cas américains).

Les patients transplantés avaient des cancers du rein de stade plus précoce, mais de stade plus avancé pour les cancers du côlon, du sein, de la vessie et pour les mélanomes malins.

La survie spécifique de la maladie était moins bonne pour les cancers du côlon (tous stades), les cancers du poumon non à petites cellules (stade II), les cancers du sein (stade III), les cancers de la prostate (stades II, III et IV), de la vessie (stade III) et du rein (stade IV).

L'analyse multivariée a montré que la greffe était un facteur de risque négatif pour la survie pour chaque cancer étudié. La greffe et le stade du cancer au diagnostic étaient les facteurs prédictifs d'une mauvaise survie les plus marqués.

L'équipe va maintenant étudier si ce sont les immunosuppresseurs que les patients greffés reçoivent qui expliquent cette moins bonne évolution. La différence peut provenir du fait que les patients greffés sont en moins bonne santé que la population générale ou parce que les cancers survenus sont plus agressifs du fait de ces traitements immunosuppresseurs, indiquent les auteurs qui ont été surpris de constater que les cancers décelés soient à un stade plus avancé, alors que cette population est beaucoup plus suivie.

La plupart des cancers ont été diagnostiqués dans les cinq ans suivant la greffe. Ces données montrent qu'il faudrait intensifier les modalités de surveillance. Elles suggèrent aussi d'évaluer la réduction du traitement immunosuppresseur quand un cancer est diagnostiqué, ou encore le passage au sirolimus (Rapamune*, Wyeth) qui a une action anticancéreuse, ajoutent-ils.

(Transplantation, vol.87, n°9, pp.1347-1359)

sl/cd/APM
redaction@apmnews.com

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WASHINGTON, 26 mai 2009 (APM)



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