Les femmes qui donnent un rein de leur vivant conduisent une grossesse ultérieure avec un léger surrisque
[APM] Les femmes qui ont donné un rein de leur vivant mènent des grossesses ultérieures avec des risques comparables pour elles et pour le foetus par rapport à des femmes qui n'ont pas donné de rein, mais avec tout de même un léger surrisque par rapport à leurs grossesses antérieures au don, montre une étude américaine présentée vendredi au 41ème congrès annuel de l'American Society of Nephrology (ASN).
Dans le contexte mondial de pénurie de greffons, les greffes rénales avec donneur vivant sont encouragées. Mais les données sur les risques encourus par les donneurs potentiels ne sont pas toujours très précises. Par exemple, on suppose que donner un rein n'empêche pas de conduire une grossesse ultérieure sans complication mais la question n'a pas été bien étudiée.
Le Dr Sanjeev Akkina et ses collègues de l'Université du Minnesota à Minneapolis ont évalué l'état de santé des foetus et des femmes enceintes en comparant avant et après le don. Ils ont contacté 2.025 femmes ayant donné un rein depuis 1963, ce qui en fait la plus grande étude menée sur ce sujet. Sur les 1.500 qui ont répondu, 965 ont indiqué avoir été enceintes: 822 donneuses ont rapporté 2.416 grossesses avant le don et 223 ont rapporté 459 grossesses après le don.
Pour les grossesses menées avant le don de rein, le taux d'accouchement à terme était de 83,7% contre 72,3% pour les grossesses menées après un don.
De plus, le risque de fausse couche ou d'avortement spontané était de 11% avant le don et de 19,8% après. Le risque de diabète gestationnel était supérieur (0,7% vs 2,4%), comme celui d'hypertension gestationnelle (0,4% vs 4,4%) et de pré-éclampsie (0,7% vs 5,2%). Les différences sont significatives.
Ces risques sont plus élevés que pour les grossesses menées avant le don, mais très comparables à ceux de la population générale, estiment les médecins. Les femmes qui ont été retenues pour cette étude avaient probablement des risques moins élevés que la population générale puisqu'elles ont été acceptées pour le don, notent-ils dans un communiqué de l'ASN.
sl/eh/APM
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PHILADELPHIE, 10 novembre 2008 (APM)