Aller au contenu
Trouver un établissement


Les deux tiers environ des médecins utiliseraient un logiciel métier, selon une enquête TNS Sofres-Cnom

logo APM (Agence de Presse Médicale)

[APM] Environ 68% des médecins utiliseraient un logiciel métier dans le cadre de leur exercice professionnel, selon les résultats d'une enquête sur l'informatisation du système de santé conduite par TNS Sofres pour le Conseil national de l'Ordre des médecins (Cnom) présentée mercredi lors d'une conférence de presse.

Le volet de l'enquête consacré aux médecins a été effectué par téléphone, auprès d'un échantillon de 300 médecins (250 libéraux et 50 hospitaliers, dont 200 généralistes et 100 spécialistes) du 9 au 17 avril, selon le dossier remis à la presse.

Environ 68% des médecins ont indiqué qu'ils se servaient d'un logiciel informatique métier "pour établir, consulter, modifier et classer les dossiers" des patients, et 66% qu'ils utilisaient une messagerie internet (professionnelle ou personnelle) pour échanger des données médicales avec leurs confrères.

TNS Sofres précise que 20% des médecins de l'échantillon se déclarent "non équipés" sur ce point, 27% se disant "moyennement équipés" et 53% s'estimant "bien équipés".

Sur les 68% d'utilisateurs d'un logiciel métier, 89% déclarent que l'accès aux dossiers médicaux sur leur logiciel est sécurisé par un ou plusieurs dispositifs, à commencer par le code d'accès spécifique (67%), l'utilisation de la carte de professionnel de santé (CPS, 41%) ou tout autre moyen (6%).

Sur les 66% d'utilisateurs d'une messagerie, seuls 76% affirment que l'accès en est sécurisé (contre 22% de réponses négatives et 2% de non réponse), par code d'accès (59%), CPS (16%) ou tout autre moyen (13%).

Parmi les 50 médecins hospitaliers interrogés, 31 déclarent disposer d'un dossier informatisé unique par patient, accessible à l'ensemble des professionnels de santé de leur établissement (2 personnes n'ont pas répondu). Dix-neuf d'entre eux indiquent que le système d'information de leur établissement garde une trace des accès aux dossiers et aux informations consultées (6 médecins n'ont pas répondu).

Environ 68% des médecins interrogés jugent "utile" (33% très utile, 35% plutôt utile) la mise en place d'un dossier médical personnel, défini comme un "dossier informatisé, sécurisé, accessible par internet, si le patient l'autorise, par les médecins et autres professionnels de santé, regroupant l'ensemble des informations médicales utiles à la coordination des soins".

Les médecins de moins de 50 ans adhèrent plus volontiers à la mise en place d'un tel dossier, 85% la jugeant utile, a précisé le Dr Jacques Lucas, vice-président du Cnom, lors du point presse.

Interrogés sur le développement d'une messagerie professionnelle spécifique aux médecins, construite sur le mode "@medecin.fr", étendue par la suite aux autres professionnels de santé, les médecins jugent l'initiative utile à 68% (19% très utile, 43% plutôt utile).

Sollicités sur les deux principaux avantages du développement des technologies de l'information et de la communication (TIC) en santé pour l'exercice de la médecine grâce aux deux applications citées (dossier médical informatisé et messagerie sécurisée), les médecins évoquent une "meilleure coopération" interprofessionnelle (47%), une meilleure centralisation des informations des patients (38%), une "fluidification et une accélération des échanges" entre médecins (38%), une "plus grande mutualisation des compétences" interprofessionnelle (22%) et une transmission des données médicales plus sécurisée (16%).

LES PATIENTS SOUCIEUX DE LA TRACABILITE DES ACCES

Le volet de l'enquête consacré au grand public a été effectué par téléphone les 15 et 16 avril auprès d'un échantillon de 1.000 individus âgés de 18 ans et plus, avec la méthode des quotas.

Selon TNS Sofres, 91% des personnes interrogées estiment que l'utilisation des outils informatiques dans la santé constitue une bonne chose pour leur suivi médical.

Ils sont sensibles à la traçabilité des accès à leurs données médicales puisqu'ils jugent "important", à 78%, d'avoir la possibilité de savoir qui a eu accès à leur dossier et quelles informations ont été consultées. De la même manière, ils sont 75% à juger "important" le fait de pouvoir savoir quels sont les messages qui ont été échangés à leur sujet par des médecins ou d'autres professionnels de santé.

Plus de la moitié (53%) ont conscience que la remise de leur carte Vitale à un professionnel de santé lui permet d'avoir accès à l'historique des prescriptions qui lui ont été faites (contre 46% l'ignorant). Ils trouvent cela "acceptable" à 85% (44% tout à fait acceptable, 41% plutôt acceptable).

Pour les 14% qui jugent cette accessibilité inacceptable, 86% considèrent que leur accord exprès devrait être indispensable à chaque accès, contre 12% estimant que les informations concernées ne devraient pas être consultables.

Interrogés sur la légitimité de l'Etat à définir les règles de sécurité pour la protection des informations médicales stockées sur support informatique, 52% considèrent que c'est son rôle, 42% pensent l'inverse tout en estimant qu'il est "important" que de telles règles existent. Environ 4% déclarent que ces règles ne sont pas nécessaires.

Sur ce point, Jacques Lucas a souligné qu'un groupe de travail regroupant des représentant des patients, de l'Ordre, de l'assurance maladie, de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) et de la mission de préfiguration de l'Agence des systèmes d'information de santé partagés (Asip) réfléchissait actuellement à une solution d'unification des procédures de recueil du consentement du patient pour l'ensemble des dispositifs (DMP, dossier pharmaceutique, historique du remboursement, etc.).

Sollicités sur la légitimité de différents acteurs pour assurer au niveau national "le respect du droit des patients et de la déontologie médicale", le Cnom figure au premier rang (79% d'opinions favorables), devant la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS, 77%), la Haute autorité de santé (HAS, 73%), le ministère de la santé (70%), la Cnil (65%) et un collectif d'associations de patients (58%).

vg/ab/eh/APM polsan
redaction@apmnews.com

PARIS, 3 juin 2006 (APM)



Bookmark and Share