Le secteur de la santé pèse 12,5% de l'activité économique en France
[APM] - Le secteur de la santé représente 12,5% de l'activité économique évaluée en termes d'emplois et de valeur ajoutée, selon une évaluation de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees).
À l'occasion de la réunion de la commission des comptes de la santé, mercredi après-midi, sous la présidence de l'ancien ministre Bruno Durieux et en présence de la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, la Drees publie un rapport de 165 pages dressant un panorama des comptes de 2008.
Le rapport comprend une étude sur la place de la santé dans l'économie française, en se fondant sur les données des comptes nationaux, question peu abordée jusqu'à présent, indiquent les auteurs.
Le secteur de la santé regroupe la santé marchande et non marchande (hôpitaux, médecins libéraux, dentistes, auxiliaires médicaux, services de transport de malades, activités de collecte, laboratoires), l'industrie pharmaceutique ainsi que d'autres activités (notamment l'activité commerciale des pharmacies et des opticiens,
l'activité de recherche des laboratoires pharmaceutiques et des établissements publics, la construction de matériel médico-chirurgical et orthopédique, l'activité des mutuelles et assurances relatives à la santé, l'activité d'enseignement dans les facultés et écoles de formation...).
Il ressort que le secteur de la santé emploie directement 2,5 millions de personnes, soit 9,9% de l'emploi en France, et représente 143 milliards d'euros de valeur ajoutée, soit 9,3% de la valeur ajoutée nationale, selon une estimation sur l'année 2005.
La part de l'emploi dépasse celle de la valeur ajoutée, ce qui caractérise "les branches intensives en main d'oeuvre", comme dans l'hôtellerie-restauration et le bâtiment. Mais les différences sont importantes entre les sous-secteurs, l'industrie pharmaceutique ayant une part de valeur ajoutée plus importante que la part de l'emploi.
La Drees souligne que, depuis 25 ans, la contribution de la branche santé à la croissance en volume de la valeur ajoutée a "toujours été positive, même dans les périodes de conjoncture défavorable", ce qui constitue "une exception parmi les principales branches marchandes". La santé non marchande et l'industrie pharmaceutique sont les principales branches qui expliquent cette contribution positive.
La production du secteur de la santé s'élève à 235 milliards d'euros, soit 7,6% de la production nationale. La consommation finale en produits de santé est estimée à 193,3 milliards d'euros, dont 125,9 milliards d'euros compris dans l'objectif national des dépenses d'assurance maladie (Ondam), soit 65,1%.
Le poids réel de la santé est rehaussé de trois points après la prise en compte des productions indirectes (115,9 milliards d'euros), c'est-à-dire l'activité générée par les besoins du secteur de la santé: achats de produits chimiques par l'industrie pharmaceutique, achats de services et de biens d'équipements par les entreprises de la
branche santé -services de nettoyage et d'hygiène, publicité, intérim...
Ainsi, le secteur de la santé emploie directement et indirectement 3,2 millions de personnes, soit 12,7% de l'emploi total, a une production directe et directe de 329 milliards d'euros, soit 10,6% de la production, et génère 192 milliards de valeur ajoutée, soit 12,5% de la valeur ajoutée totale.
Les services aux entreprises "contribuent indirectement le plus aux dépenses finales en santé avec 37,5 milliards d'euros de production, suivis par les services de nettoyage pour l'entretien des hôpitaux (14,4 milliards, soit plus de 15% de la production annuelle totale de cette branche) et le secteur de la recherche et développement (9,9 milliards d'euros)", note la Drees.
"La fabrication de médicaments engendre 10,2 milliards d'euros de production dans la branche des biens de consommation, principalement des médicaments de base entrant dans les processus de production de l'industrie pharmaceutique, et 8,9 milliards d'euros dans le secteur des biens intermédiaires, principalement des produits chimiques de base".
La plupart des branches de l'économie interviennent de manière significative dans le processus de production du secteur de la santé, ce qui n'est pas le cas dans l'industrie. Les branches alimentaires produisent pour 4,5 milliards d'euros par an pour alimenter les malades et les charges de fonctionnement diverses (électricité et eau
notamment) représentent 4,8 milliards d'euros (35% de la branche eau-électricité).
(Comptes nationaux de la santé 2008, Drees, n°137, septembre 2009, à consulter sur www.sante.gouv.fr/drees)
hm/ab/APM polsan
PARIS, 10 septembre 2009 (APM)