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Le médecin traitant a permis "de réels progrès" en termes de prévention, affirme la CNAMTS

[APM] La mise en place du médecin traitant et du parcours de soins coordonnés a permis "de réels progrès" pour la prévention de la iatrogénie médicamenteuse, le taux de couverture vaccinale antigrippale et le dépistage du cancer du sein, a expliqué jeudi la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS).

Le Pr Hubert Allemand, médecin-conseil national, a fait valoir lors du point presse mensuel de la CNAMTS les résultats obtenus grâce aux médecins traitants sur trois thèmes de prévention, à rapprocher des priorités de santé publique inscrites dans la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique.

Il a rappelé que depuis la mise en place du parcours de soins coordonnés, instauré par la loi du 13 août 2004 réformant l'assurance maladie, 85% des assurés avaient choisi leur médecin traitant (à 99,5% un médecin généraliste).

Fin 2008, le taux de couverture vaccinale des personnes âgées de 65 ans et plus ayant déclaré leur médecin traitant a atteint 67% contre 63% sur l'ensemble des personnes cibles concernées, a-t-il observé.

En termes de prévention de la iatrogénie, entre le premier semestre 2006 et le premier semestre 2008, la CNAMTS a observé une diminution de 7,8% du nombre de personnes âgées de plus de 65 ans traitées avec des benzodiazépines de demi-vie longue et de 18% pour celles traitées avec des vasodilatateurs.

S'agissant du cancer du sein, le taux de dépistage des femmes concernées a atteint 70% entre janvier et juin 2008 contre 66% en 2006, a indiqué Hubert Allemand. Cette augmentation de quatre points correspond à 350.000 femmes dépistées, a-t-il précisé.

Il a toutefois souligné de fortes disparités entre les départements, en particulier pour le dépistage du cancer du sein et la vaccination antigrippale, avec pour cette dernière un taux de personnes de 65 ans vaccinées allant de 75% en Bretagne, Seine-Maritime et Meuse à 56% dans le sud et le sud-est du territoire (Hautes-Pyrénées notamment).

PROCHAINE ETAPE: LE CAPI

Si de tels résultats ont pu être obtenus, c'est grâce à la mobilisation des médecins traitants et à l'accompagnement de la CNAMTS, a-t-il fait valoir, citant l'élaboration d'indicateurs de suivi des objectifs, les visites des délégués de l'assurance maladie (DAM) et les entretiens confraternels des médecins-conseils, ainsi que la diffusion d'outils spécifiques (profils de prescription, mémos relatifs aux prescriptions élaborés avec la Haute autorité de santé, etc.), appuyés par des actions d'information auprès des patients.

Ainsi, la CNAMTS a recensé, entre 2006 et 2008, 39.000 "échanges confraternels" entre médecins-conseils et médecins traitants sur la iatrogénie, et 27.000 visites des DAM sur le dépistage du cancer du sein.

C'est la relation de captivité entre un groupe de patients déterminé et un praticien qui a permis la mise en place de programmes de prévention, débouchant en mars 2006 sur la définition, dans le cadre de la convention médicale, de cinq thèmes de santé publique (prévention de l'obésité chez les jeunes, des maladies cardiovasculaires chez l'adulte, des facteurs de risque pour les jeunes femmes en début de grossesse, le dépistage du cancer du sein pour les femmes de plus de 50 ans et les risques iatrogéniques liés à la consommation de médicaments chez les personnes âgées) (cf dépêche APM COJC3003).

Les partenaires conventionnels ont également fixé en 2007 des objectifs de progression collective sur trois thèmes: la vaccination antigrippale (faire passer le taux de couverture de 63% à 75% pour les patients de plus de 65 ans), le dépistage du cancer du sein (faire passer le taux de couverture de 66% à 80%) et les risques de iatrogénie chez les personnes âgées pour les benzodiazépines à demi-vie longue et les vasodilatateurs (réduction de 5% par an du nombre de consommateurs).

La CNAMTS souhaite désormais passer un nouveau cap en proposant aux médecins libéraux des "contrats d'amélioration des pratiques individuelles" (Capi), instaurés par la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2008 et soumis pour avis aux partenaires conventionnels (cf dépêche APM MHLKR002), a précisé le directeur général de la CNAMTS, Frédéric van Roekeghem.

La CNAMTS s'efforce actuellement de fixer un niveau de rémunération attractif, accordé aux médecins souscripteurs en fonction des résultats atteints, en tenant compte de la progression mais aussi de leur valeur absolue, pour ne pas léser les médecins dont la marge de progression serait plus faible.

Frédéric van Roekeghem, qui souhaite obtenir un consensus des syndicats médicaux sur ses propositions, table sur environ 4.000 médecins intéressés en un an par le "Capi". Il n'exclut pas une "généralisation" du dispositif par la suite.

RENFORCEMENT DE L'INCITATION AU PARCOURS DE SOINS

Interrogé par l'APM sur l'absence d'études prouvant l'efficacité du parcours de soins, notamment en termes curatifs et d'amélioration de la coordination médicale -objectif central de la réforme de l'assurance maladie, devant l'amélioration de la prévention-, quatre ans après sa mise en place et alors que le ticket modérateur pour les assurés qui ne le respectent pas va atteindre 70%, Frédéric van Roekeghem a estimé que cette réforme était un processus de long terme.

"Des résultats, on peut en obtenir assez facilement avec la prévention au bout d'un certain temps", a-t-il expliqué, admettant que pour la coordination, cela "prendra du temps".

"Cette coordination prendra du temps, c'est valable aussi entre la ville et l'hôpital", a-t-il répondu, estimant que la coordination des soins ne pouvait se faire "que si la protocolisation, parallèlement, des soins dédiés à certaines pathologies, se fait de façon claire. Et cela se fera de façon progressive".

"L'intérêt d'avoir un médecin traitant est réel", a-t-il assuré, précisant que dans le cadre de programmes de santé publique, les populations qui en avaient le plus besoin étaient justement celles qui étaient plus difficiles à atteindre, car moins bien informées ou en difficulté.

Frédéric van Roekeghem considère que l'augmentation de 40% du ticket modérateur prévue par le gouvernement et sur le point d'être avalisée par l'Union nationale des caisses d'assurance maladie (Uncam) (cf dépêche APM VGLLM001) devrait inciter encore davantage les assurés à choisir un médecin traitant.

Conformément au souhait du gouvernement, le collège des directeurs de l'Uncam a proposé au conseil de l'Uncam, qui se réunit jeudi, une augmentation de 40% du ticket modérateur, ce qui entraînera un remboursement de 30% pour les assurés n'ayant pas de médecin traitant ou ne respectant pas le parcours de soins, alors que le taux classique de remboursement s'élève à 70%.

vg/cd/APM polsan
redaction@apmnews.com

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PARIS, 22 janvier 2009 (APM)



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