La maladie mentale seule n'augmente pas le risque de violence, montre une étude
La question de la relation entre la maladie mentale et la violence a un impact significatif sur la politique en santé mentale, les pratiques cliniques et l'opinion publique concernant la dangerosité des personnes suivies en psychiatrie, rappellent Eric Elbogen de l'université de Caroline du Nord et ses collègues.
Pour étudier cette relation, les auteurs ont travaillé dans un premier temps sur des données collectées dans le cadre d'une étude épidémiologique sur l'alcool (National Epidemiologic Survey on Alcohol and Related Conditions ou NESARC), puis sur des entretiens menés auprès de ces participants par le National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism. Au total, 34.653 personnes ont été suivies pendant au moins trois ans.
Les analyses ont montré que l'incidence de la violence était supérieure chez les patients atteints de maladies mentales sévères (schizophrénie, troubles bipolaires ou dépression sévère) mais que cette hausse était significative seulement chez les patients qui présentaient en plus une addiction à un produit.
Les patients en psychiatrie présentant une addiction à une drogue ou à l'alcool avaient un risque de violence triplé par rapport aux patients ayant une maladie mentale seule, sans problème addictif.
Il semble donc que la maladie mentale seule ne prédit pas le risque de violences futures mais que ce risque est associé plutôt à des facteurs historiques des individus (violence dans le passé, maltraitance, délinquance), à des facteurs cliniques (abus de substances), à des facteurs individuels (âge, sexe) et contextuels (divorce, chômage).
"Le fait que la maladie mentale sévère ne prédise pas de manière indépendante le risque de violence remet en question les perceptions selon lesquelles la maladie mentale est une des causes de violence dans la population générale", concluent les auteurs.
Les malades mentaux rencontrent des problèmes de violence car ils présentent d'autres facteurs associés à la violence. Par conséquent, la compréhension du lien entre les actes violents et les troubles mentaux demande de considérer ces associations avec d'autres variables, comme l'abus de substances, le stress de l'environnement et l'histoire individuelle des patients.
(Archives of General Psychiatry, vol 66 n°2, pp.152-161)
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WASHINGTON, 4 février 2009 (APM)



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