La Société française de tabacologie met en garde contre les dangers du tabac à sucer (snus)
[APM] - La Société française de tabacologie (SFT) a mis en garde vendredi contre les dangers du tabac à sucer (ou snus) pour la santé, en réponse au fabricant British American Tobacco (BAT), qui demande son autorisation en France.
Le snus, essentiellement consommé en Scandinavie, est un tabac sous forme de poudre humide conservée dans la bouche. Pour justifier sa demande, BAT a mis en avant que la nocivité du snus était inférieure à celle de la cigarette (cf dépêche APM COMGR005).
La SFT demande aux pouvoirs publics de ne pas autoriser le snus, en rappelant les résultats d'une revue bibliographique des connaissances des effets sur la santé du tabac oral, qu'elle a rendue à la Direction générale de la santé (DGS) en février 2008.
Le rapport de la SFT conclut qu'il existe "une augmentation de risque, dose-dépendante, entre la consommation du tabac oral et le cancer du pancréas", que "le passage des cigarettes au tabac oral ne diminue pas le risque cardiovasculaire lié aux cigarettes", et que "le tabac oral consommé par la femme enceinte est associé à des risques de pathologies pendant la grossesse (pré-éclampsie) et à une diminution de poids de naissance". Enfin, selon ce rapport, l'utilisation du snus "peut entraîner le développement des lésions de la cavité buccale, réversibles à l'arrêt, mais la rétraction gingivale reste inchangée".
La revue de la littérature suggère aussi, avec un degré de preuve moindre, que la consommation de snus pourrait "faciliter le développement du diabète de type 2" et, chez les adolescents, "augmenter la probabilité ultérieure de la consommation de cigarettes".
La SFT estime par ailleurs que BAT a pour préoccupation de "vouloir conserver une clientèle dépendante" à la nicotine qui sera "contrainte de poursuivre indéfiniment ses achats de substance".
"Le gouvernement doit privilégier la santé publique de ses concitoyens, quitte à sacrifier les intérêts de l'industrie du tabac", conclut la société savante.
PARIS, 3 août 2009 (APM)