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L'Afsset et l'Afssaps rassurantes sur l'utilisation de scanners corporels dans les aéroports français

[APM] L'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) et l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) ont rendu des avis rassurants sur l'impact sanitaire d'une utilisation de scanners corporels dans les aéroports français.

Après la tentative d'attentat sur un vol Amsterdam-Detroit de la Northwest Airlines le 25 décembre 2009, plusieurs pays, dont la France, ont annoncé des programmes de déploiement de scanners corporels dans les aéroports, afin de renforcer la sécurité aérienne.

Début janvier, des experts américains ont indiqué que la dose d'irradiation délivrée par ces scanners corporels était très faible et ne devrait pas augmenter les risques de cancer, rappelle-t-on.

L'Afsset a été saisie sur le sujet le 19 janvier par le ministère de l'écologie. Son avis rendu public vendredi soir porte sur un seul type d'équipement envisagé dans les aéroports français, ProVision 100* (L3 Communications, Visiom), qui utilise des ondes électromagnétiques dites "millimétriques" dans la bande de fréquence 24-30 GHz.

L'Afsset a estimé que l'appareil était conforme à la réglementation sur la radioprotection.

Les valeurs mesurées sont de l'ordre du µW/m2 (de 60 à 640), "très en dessous" des valeurs limites (10 W/m2 pour les fréquences considérées) fixées par le décret du 3 mai 2002 sur l'exposition du public aux champs électromagnétiques émis par les équipements utilisés dans les réseaux de télécommunication ou par les installations radioélectriques.

La durée du scan, de 2 secondes, entraîne un facteur supplémentaire de réduction de l'exposition par rapport aux valeurs limites réglementaires, qui sont données pour une exposition moyenne pendant 2 minutes, à 30 GHz, ajoute l'Afsset.

Par ailleurs, ce type de scanner ne présente "pas de risque avéré pour la santé des personnes", estime l'agence.

Plusieurs études in vitro suggèrent l'existence d'effets biologiques potentiels des ondes "millimétriques", notamment sur les organites riches en membranes ou encore sur les échanges ioniques. Certains résultats obtenus amènent à penser que la synthèse et la sécrétion de protéines pourraient être altérées et/ou favorisées. Cependant, ces effets ont été observés à des niveaux de densité surfacique de puissance bien plus élevés que ceux émis par Provision 100*, ajoute-t-elle.

A ce jour, aucun mécanisme d'interaction onde-cellule n'a été identifié pour la bande de fréquences considérées (24-30 GHz). Toutefois, les effets sanitaires de cette gamme de fréquence sont encore peu documentés et l'on ne peut faire aucune extrapolation à partir de données portant sur des densités plus élevées.

L'Afsset s'est tournée vers l'Afssaps sur la question d'éventuelles interactions entre ce type de scanner et des dispositifs médicaux implantés (pacemarkers par exemple). L'avis de l'Afssaps est rassurant, en raison de l'amélioration de la compatibilité électromagnétique des dispositifs médicaux implantés (pacemakers par exemple) et de leur localisation profonde (peu accessibles aux ondes "millimétriques").

Au final, l'Afsset a toutefois assorti son avis d'un certain nombre de recommandations pour améliorer les connaissances (niveau d'ondes émises, recherches sur les effets de ces ondes dans cette gamme de fréquence) et l'information du public et des utilisateurs de portiques de détection.

Elle préconise notamment de mettre en place un recueil systématique d'événements indésirables liés au passage des personnes dans les scanners pour alimenter le retour d'expérience de l'utilisation de ce dispositif (défaillance du matériel, éventuels incidents qui pourraient affecter les personnes porteuses de dispositifs médicaux implantables actifs, réactions de voyageurs).

L'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a été saisi pour évaluer les risques liés à l'utilisation de scanners à rayons X pour les citoyens français transitant dans des aéroports étrangers utilisant cette technologie.

Ce type de scanner offre a priori une précision d'image meilleure que les scanners à ondes "millimétriques". La longueur d'ondes utilisée est plus petite que celles des ondes millimétriques mais un peu plus grande que celle présente lors d'examens radiologiques médicaux. La France, conformément au code de la santé publique, ne devrait pas, en principe, autoriser ce type d'appareil.

vdb/hm/APM polsan

logo APM (Agence de Presse Médicale)

MAISONS-ALFORT (Val-de-Marne), SAINT-DENIS, 22 février 2010 (APM)



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