Infections nosocomiales : selon une étude, les chambres à lits multiples doivent être bannies des hôpitaux
"Si vous êtes dans une chambre à deux, trois ou quatre lits, le risque de contracter une infection nosocomiale sévère augmente de 10% à chaque nouveau voisin", note ainsi le professeur de santé publique et épidémiologiste Dick Zoutman, principal auteur de l'étude, dans un entretien mis en ligne sur le site Internet de l'université.
Un risque non négligeable particulièrement en cas de longue hospitalisation, durant laquelle le malade est souvent amené à changer plusieurs fois de chambre, ajoute le professeur. Comme le souligne l'AJIC dans sa présentation de l'étude, les chercheurs se sont focalisés sur des patients admis dans un hôpital du sud-est de l'Ontario de 2001 à 2005, plus spécialement sur l'augmentation du risque infectieux en fonction du nombre de colocataires pour trois bactéries : Clostridium difficile (+11% de risque), staphylocoque doré et entérocoque (+10%).
En conclusion, Dick Zoutman invite les hôpitaux à privilégier davantage les chambres individuelles, afin qu'elles en deviennent la configuration standard. "Si le coût à la construction s'avère plus élevé, il devient plus économique à long terme", souligne le professeur, pour qui l'amélioration de la sécurité des patients passe notamment par une réduction du nombre de voisins de chambre auxquels ils sont exposés durant leur séjour à l'hôpital.
Un constat particulièrement valable, selon lui, en soins intensifs, où le risque de contracter une infection nosocomiale est le plus élevé. Pour les chambres déjà construites, Dick Zoutman suggère au mieux de convertir celles à quatre lits en chambres semi-privées à deux lits, et celles semi-privées situées dans une zone à haut risque en chambre privée, aussi souvent que possible. "Il est nécessaire de modifier la configuration des chambres et de se battre pour dessiner et construire de nouveaux services hospitaliers entièrement en chambre individuelles", insiste le professeur.
Le 06.01.10 - 14:54 www.hospimedia.fr



Comment choisir un hôpital ?