Aller au contenu
Trouver un établissement


Incidence du diabète à la hausse chez les enfants ayant eu une greffe rénale

[APM] L'incidence du diabète de novo semble être en hausse chez les enfants ayant reçu une greffe rénale, rapportent des spécialistes américains.

Le développement d'un diabète de novo représente un problème clinique majeur après la greffe rénale. Il a été associé à une réduction de la fonction du greffon, à une hausse de la morbidité cardiovasculaire et à une moins bonne survie du patient chez les adultes. Son incidence est estimée entre 15 et 20% pendant la première année post-greffe et jusqu'à 25% dans les trois premières années.

Pour mieux connaître son ampleur chez les receveurs pédiatriques, le Dr Thomas Burroughs de l'Université de Saint-Louis (Minnesota) et ses collègues ont mesuré l'incidence du diabète à partir d'un registre américain de greffe rénale. Il s'agit de la plus importante étude menée jusqu'à maintenant sur le diabète en greffe rénale pédiatrique, soulignent les auteurs.

Entre 1995 et 2004, 2.168 receveurs d'un greffon rénal âgés de 0 à 21 ans sans diabète avant la greffe ont été recensés. L'incidence cumulée du diabète de novo à trois ans post-greffe était de 7,1% dans cette population (4,4% avant 13 ans et 10,1% entre 13 et 18 ans).

Les facteurs significativement associés à un risque plus élevé de diabète était une sérodiscordance pour le cytomégalovirus (CMV) avec un donneur positif et un receveur négatif (augmentation de 60% du risque), un âge situé entre 13 et 18 ans (risque multiplié par 2,18) ou entre 19 et 21 (risque multiplié par 2,6), un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 30 kg/m2 (2,17) et l'utilisation du tacrolimus (Prograf*, Astellas) avec une hausse de 51% du risque de diabète.

La survenue du diabète n'était pas associée à significativement plus d'insuffisance du greffon, ni à plus de décès, ce qui est rassurant. Mais la situation pourrait se dégrader à plus long terme étant donné ce qu'on observe chez les adultes.

L'incidence du diabète chez les receveurs de moins de 21 ans est plus faible que chez les adultes mais elle est plus élevée que ce qui était suggéré jusqu'à présent dans d'autres études (2,6% en 2001 dans la plus grande étude de la littérature). Cette incidence, très supérieure à celle de la population pédiatrique générale (0,18%), semble être en augmentation, notent les auteurs qui recommandent de veiller à ce risque dans le choix du traitement immunosuppresseur.

(Transplantation, vol.88, n°3, pp.367-373)

sl/san/APM
redaction@apmnews.com

logo APM (Agence de Presse Médicale)

WASHINGTON, 31 août 2009 (APM)



Bookmark and Share