Hépatite C: bilan positif pour l'accès au traitement des usagers de drogues au sein des microstructures d'Alsace
La microstructure est un lieu de soins polyvalents, facile d'accès pour des patients souffrant de différentes addictions. En 2007, le RMS Alsace comprenait 15 cabinets médicaux couvrant la région, réunissant 19 médecins généralistes, sept psychologues et quatre travailleurs sociaux, indiquent Fiorant Di Nino, de la coordination nationale des réseaux de microstructures médicales, à Strasbourg, et ses collègues.
Dès 2003, le RMS Alsace et le pôle de référence hépatites virales ont établi un dispositif sanitaire sur l'hépatite C, avec notamment la mise en place de "consultations expert" trois ou quatre fois par an, où l'hépatologue hospitalier se déplace pour rencontrer les acteurs des différentes microstructures du réseau et l'équipe de chaque microstructure lui présente des situations cliniques nécessitant un avis diagnostique ou thérapeutique (initiation ou suivi du traitement antiviral).
En cas d'initiation d'un traitement, la primoprescription est effectuée par l'hépatologue hospitalier expert et le suivi immédiat du patient avec son accord par l'équipe de la microstructure. L'hépatologue peut être consulté à tout moment par la suite par l'équipe de la
microstructure. Le RMS Alsace a suivi 526 usagers de drogues et 111 patients non à risque pendant deux ans en 2006-07.
Un dépistage du virus de l'hépatite C (VHC), réalisé chez 80% des usagers de drogues, a montré que 39% d'entre eux étaient séropositifs, contre 4,5% des patients non à risque. Le taux de séropositivité des usagers de drogues variait avec l'âge. Ainsi, seulement 7% des moins de 30 ans contre 80% des plus de 45 ans étaient infectés par le VHC. Les moins de 30 ans semblent avoir abandonné la pratique de l'injection au profit du sniff, "qui pourrait être un vecteur moins contagieux pour le VHC. Il est aussi possible que les moins de 30 ans ont injecté des drogues après que les seringues soient mises en vente libre en France, mesure dont n'ont pas pu bénéficier les usagers de drogues âgés lors de leur initiation", commentent les auteurs.
Dans 88% des cas, la sérologie a été complétée par le dosage de l'ARN du VHC. La prise en charge thérapeutique a pu être effectuée chez 43 patients, soit 40% des patients ARN-VHC positif, avec des résultats de la bithérapie pegylée similaire à ceux des études hospitalières en termes de réponse virologique prolongée. A titre de comparaison, une enquête récente a montré que moins de 10% des usagers de drogues atteints d'hépatite C sont traités dans les centres spécialisés de soins aux toxicomanes (CSST), soulignent les chercheurs.
(BEH, 6 octobre, n°37, p.400-404)
vdb/hm/APM
PARIS, 6 octobre



Comment choisir un hôpital ?