Greffe rénale: résultats encourageants avec des donneurs et receveurs de plus de 75 ans
[APM] Une équipe italienne rapporte des résultats encourageants pour des greffes rénales réalisées avec des donneurs et receveurs très âgés, au-delà de 75 ans, dans Transplantation.
La pénurie d'organes conduit à prélever chez des donneurs âgés, voire très âgés, comme le montre cette expérience. En Europe, un programme "old for old" a été mis en place pour greffer des organes de donneurs âgés (à partir de 65 ans) à des receveurs eux-mêmes âgés. Le Dr Andrea Collini de l'Université de Sienne et ses collègues rapportent l'expérience de leur centre avec des donneurs "ultra-old", c'est-à-dire de plus de 75 ans.
Cette équipe est habituée à utiliser des organes de donneurs marginaux car si la Toscane enregistre des taux de donneurs record (34,6 donneurs par million d'habitants en 2007), plus de la moitié ont plus de 60 ans (56,4%). A l'hôpital universitaire de Sienne, en 2006, 20% des donneurs avaient plus de 75 ans et 14,4% en 2007.
Entre 2000 et 2008, ils ont prélevé 60 greffons auprès de donneurs de 75 ans et plus -la moyenne d'âge des donneurs était de 79,1 ans (de 75 à 90 ans)- et les ont utilisés pour 16 patients en greffe simple et pour 22 patients en greffe double (deux reins). La bi-greffe permet d'utiliser des reins qui, seuls, ne seraient pas viables.
Le taux de survie actuarielle du greffon était de 73,7% à un an, de 69,8% à deux ans, de 64% à trois ans. La survie des patients était de 81,2% à un an et elle est restée stable jusqu'à trois ans. A titre de comparaison, dans une série historique de 154 patients ayant eu un rein d'un donneur de moins de 75 ans, les survies des greffons étaient respectivement de 82,3%, 77,8% et 71,4% et les survies des patients de 92,1%, 91,4% et 89,5%.
Il n'a pas été trouvé de différence statistiquement significative entre les greffes simples et les bi-greffes.
Le taux de retard de reprise retardée du greffon était de 57,9%. Les taux de rejet aigu et de néphropathie chronique du greffon étaient comparables à des résultats obtenus pour les autres donneurs marginaux dans le centre.
La majorité des patients ont eu une créatinine stable, entre 2 et 3 mg/mL après le 2ème mois, avec une clairance suffisante.
Tous les patients ont reçu du basiliximab (Simulect*, Novartis). Environ la moitié ont eu un traitement immunosuppresseur à base de tacrolimus (Prograf*, Astellas), en association avec le sirolimus (Rapamune*, Wyeth) pour cinq d'entre eux et avec le mycophénolate mofétil (Cellcept*, Roche) pour les autres. L'autre moitié des patients ont reçu de la ciclosporine, en association à l'everolimus, au sirolimus ou au mycophénolate.
"Nos résultats semblent encourageants, un peu en-dessous de ceux des autres donneurs limites, mais généralement acceptables. L'utilisation de vieux reins pour des receveurs très âgés, en ayant en tête leur espérance de vie habituelle, leur offre une fonction rénale correcte et améliore leur qualité de vie", concluent les auteurs.
Si d'autres auteurs confirment ces résultats, l'utilisation des organes de donneurs très âgés pourrait faire consensus, notent-ils.
(Transplantation, vol.87, n°12, pp.1830-1836)
sl/ab/APM
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WASHINGTON, 17 juillet 2009 (APM)