Etude
Y-a-t-il des liens établis entre les modes de vie et l’état de santé des enfants ?
[hopital.fr] Une enquête réalisée en 2005-2006 sur 23 000 enfants de grande section de maternelle montre que les académies où les problèmes d’obésité ou de caries sont les plus importants sont celles où les enfants passent beaucoup de temps devant la télévision et celles aussi où les revenus des parents sont les plus faibles.
Cette étude vise à décrire les disparités géographiques de santé des enfants scolarisés en grande section de maternelle et à réfléchir sur le lien entre l’état de santé et le mode de vie des enfants.
On apprend qu’au niveau national 12 % des enfants de 5-6 ans sont en surcharge pondérale. Un chiffre qui varie selon le sexe et selon les académies. Ainsi, 14 % des filles ont une surcharge pondérale contre 10 % des garçons. En outre, c’est dans l’académie de Strasbourg que l’on constate le plus fort taux de surcharge pondérale (15 %) alors que la proportion est de 7 % pour celle de Nantes. La plus forte surcharge pondérale se trouve dans le nord et l’est de la France. « La forte prévalence observée chez les enfants de 5-6 ans rejoint celle élevée des adulte dans ces régions », analyse Thibault de Saint Pol, l’auteur de l’étude.
La santé buccodentaire est aussi un fort marqueur des inégalités sociales. Aussi l’étude s’interroge-t-elle également sur la prévalence des caries chez les enfants de grande section de maternelle. En métropole, c’est encore au nord et à l’est (dans les académies de Reims, Lille, Strasbourg et Amiens) que la fréquence des dents cariées est la plus élevée, ces dernières étant souvent non soignées. On constate que 2 % des enfants de cadres ont au moins deux dents cariées non soignées contre 11% des enfants d’ouvriers.
Revenus et mode de vie
Selon l’auteur de l’étude, « les inégalités géographiques observées dans cette étude peuvent entretenir des liens étroits avec les inégalités socio-économiques » car le revenu joue un grand rôle dans les pratiques de santé.
De la même manière, les habitudes de vie jouent un rôle prépondérant dans l’état de santé des enfants. L’étude montre que, dans le nord et l’est, là où les prévalences d’obésité sont les plus fortes, les enfants consomment le plus fréquemment des boissons sucrées (41 % à Lille et 40 % à Strasbourg). Le temps passé devant un écran est un indicateur de la sédentarité des enfants pouvant jouer dans les problèmes de surpoids. En métropole, c’est dans les académies de Créteil (34 %) et de Lille (33 %) que les enfants sont les plus nombreux à passer plus de trois heures devant les jeux vidéo ou la télévision les jours sans école.
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