Maternité
Un rapport préconise un plan d'action pour développer l'allaitement maternel
[hopital.fr] Le ministère de la Santé rend public un rapport d'experts consacré à l'allaitement maternel. Celui se prononce en faveur d'un plan d'action pour développer une pratique moins répandue en France que dans le reste des pays développés.
La mission a été confiée au professeur Dominique Turck, professeur de pédiatrie à la faculté de médecine de Lille. Celui-ci a animé un groupe de travail regroupant plusieurs experts reconnus et auditionné une trentaine d'organismes et de sociétés savantes. De plus, les propositions formulées par le rapport s'inscrivent dans le cadre des objectifs du programme national nutrition santé (PNNS) en matière d'alimentation des enfants.
S'appuyant sur une littérature médicale abondante, le rapport rappelle que "l'allaitement satisfait, à lui seul, les besoins du nourrisson pendant les six premiers mois de vie et a des effets bénéfiques à court et long terme sur la santé de l'enfant et de sa mère". Même si les chiffres progressent depuis le début des années 2000, l'allaitement maternel reste moins pratiqué en France que dans le reste de l'Europe.
La proportion d'enfants allaités dans les maternités est ainsi passée d'environ 50% au début des années 1990 à 62,6% en 2003. Ce taux est toutefois inférieur à celui observé dans la plupart des pays industrialisés : plus de 95% dans les pays scandinaves, plus de 90% dans quatorze autres pays européens (Allemagne, Italie, Portugal, Suisse...), entre 70 et 90% dans cinq pays (Espagne, Pays-Bas, Grande-Bretagne...) et 68% aux Etats-Unis. La durée de l'allaitement après la sortie de la maternité est également l'une des plus faibles, avec une moyenne de dix semaines. En France, le taux d'allaitement se caractérise en outre par d'importants écarts régionaux qui peuvent difficilement s'expliquer par des raisons d'ordre socioculturel. Ce taux va en effet de 43% en Picardie à 72% en Rhône-Alpes. Il atteint même 80% à Paris.
Le rapport propose donc un ensemble de mesures pour permettre aux femmes qui le souhaitent de pratiquer l'allaitement dans de bonnes conditions. Parmi celles-ci, on retiendra notamment la mise en place, dans chaque maternité, d'un référent pour l'allaitement, ainsi que l'amélioration de la formation initiale et continue des professionnels de santé sur le sujet. De même, il conviendrait de développer l'offre de préparation à la naissance et à la parentalité, d'inciter les maternités à proposer des groupes de préparation à l'allaitement et de généraliser l'entretien prénatal du quatrième mois en y incluant une information sur l'allaitement.
Dans le même esprit, le rapport préconise un meilleur accompagnement des mères dès la sortie de la maternité, en leur proposant notamment une "consultation d'allaitement" remboursée à 100% et réalisée par un professionnel de santé entre le 8e et le 15e jour. Le rapport recommande aussi de porter le congé maternité postnatal de 10 à 14 semaines et d'informer les employeurs sur la nécessité de faciliter l'allaitement. Plus largement, le rapport se prononce pour un important effort d'information, en allant bien au-delà des jeunes mères, afin de changer le regard sur l'allaitement. Enfin, le rapport du professeur Turck propose un certain nombre de mesures spécifiques à destination des populations défavorisées - qui recourent le moins à l'allaitement - et des enfants fragiles (prématurés et faible poids de naissance).
Le rapport peut être consulté sur le site de la Documentation française.
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