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Psychiatrie

Un quart des étudiants de première année souffrent d'au moins un trouble psychiatrique

07.7.2009
[APM] Un quart des étudiants de première année d'université souffrent d'au moins un trouble psychiatrique, selon une étude menée auprès de 1.700 étudiants de Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) dont les résultats sont publiés dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).

L'enquête a été menée sur l'année 2005-06 dans six universités de Paca auprès de 1.723 étudiants âgés de 18 à 24 ans et primo-inscrits (âge moyen 19,4 ans) pour connaître la prévalence sur les 12 derniers mois de dépression caractérisée, de troubles anxieux et de troubles liés à l'utilisation de substances.

Peu d'études ont exploré la prévalence des troubles psychiatriques chez les étudiants universitaires en utilisant des instruments diagnostiques alors que cette catégorie de population "appartient à une tranche d'âge dans laquelle les risques sont importants, et où certains troubles psychiatriques apparaissent ou se développent", soulignent Valérie Guagliardo (Inserm U912, Marseille) et ses collègues.

La prévalence des types de troubles psychiatriques étudiés sur 12 mois atteint 25,7%. Les troubles anxieux sont les plus fréquents (15,7%), suivi de la dépression caractérisée (8,9%) et des troubles liés à l'utilisation de substances (8,1%). Une comorbidité psychiatrique était présente chez 10% des étudiants (39% des étudiants avec un trouble psychiatrique quel qu'il soit).

L'association dépression caractérisée-troubles anxieux est la plus forte (odd ratio de 5,8) tandis que les associations dépression caractérisée-troubles liés aux substances et troubles anxieux-troubles liés aux substances ont la même fréquence (OR respectivement de 2,6 et 2,7).

Plus de la moitié (51,7%) des étudiants avec un trouble psychiatrique ont un retentissement fonctionnel important sur les études ou le travail, sur les relations avec les proches ou sur les relations sociales.

La durée moyenne du retentissement, évaluée pour quatre troubles uniquement, varie de 11,6 jours (trouble panique) à 28,3 jours (trouble obsessionnel compulsif).

L'enquête montre que moins d'un tiers des étudiants présentant un trouble psychiatrique (30,5%) ont recouru à des soins, au moment de l'enquête, auprès d'un généraliste (16,7%) ou d'un spécialiste (17,8%) pour leur problème. La proportion de ces recours ne varie pas significativement selon la sévérité des troubles ni selon qu'ils étaient isolés ou associés.

Le faible recours aux soins peut s'expliquer par plusieurs causes: l'offre de soins gratuits en santé mentale est faible en milieu universitaire, avec seulement un Bureau d'appui psychologique universitaire (Bapu) pour six universités en Paca au moment où l'étude a été réalisée; les étudiants connaissent mal l'offre de services de soins; ils sont sceptiques vis-à-vis de l'efficacité des traitements; ils ne perçoivent pas leur besoin de recours aux soins.

Les auteurs estiment que le lien entre troubles psychiatriques caractérisés et l'échec académique devrait faire l'objet d'études.

("Troubles psychiatriques chez les étudiants universitaires de première année: prévalence annuelle, retentissement fonctionnel et recours aux soins en région Paca, France, BEH n°29, 7 juillet, p317-321)

hm/ab/APM
redaction@apmnews.com

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PARIS, 7 juillet 2009 (APM)



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