Dépistage
Toutes les Européennes ne sont pas égales devant le cancer du sein
[hopital.fr] Une étude réalisée sous l'égide de l'OMS dans trente États européens montre que la mortalité par cancer du sein a nettement diminué au cours des vingt dernières années, mais avec des écarts importants d'un pays à l'autre.
Publiée dans le "British Medical Journal", l'étude a été menée par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), un organisme de recherche dépendant de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et implanté à Lyon. Elle a consisté à comparer l'évolution, entre 1989 et 2006, des taux de mortalité par cancer du sein dans trente pays européens, en utilisant en particulier les bases de données sur la mortalité dont dispose l'OMS. Le cancer du sein est en effet le cancer le plus fréquent chez les femmes.
Les résultats de l'étude apportent à la fois de bonnes et de moins bonnes nouvelles. Côté positif, l'étude confirme ce que l'on savait déjà : au cours de la période considérée, tous les pays étudiés - à l'exception de la Grèce, de l'Estonie, de la Lettonie et de la Roumanie - ont connu un recul global de leurs taux de mortalité par cancer du sein. Mais cette baisse générale est très variable d'un pays à l'autre. Ainsi, la moitié des trente pays étudiés a connu une baisse de plus de 20% de son taux de mortalité par cancer du sein. Le recul a été notamment de 35% en Angleterre, 27% en Espagne, 24% en Norvège et 23% en Italie.
A l'inverse, la baisse apparaît assez faible en France (-11%) et dans d'autres pays développés et disposant de systèmes de santé performants comme la Finlande (-12%) et la Suède (-16%). Il est vrai toutefois que ces Etats affichaient en 1989 - autrement dit au début de la période prise en considération par l'étude - des taux de mortalité par cancer du sein le plus souvent inférieurs à ceux des pays qui enregistrent aujourd'hui les meilleurs résultats en termes de réduction de la mortalité. De façon logique, les pays qui présentaient les résultats les moins bons au départ ont progressé plus rapidement que les autres.
Il reste que la situation de la France n'apparaît pas satisfaisante. Ainsi que le constatent les auteurs de l'étude dans l'article publié par le British Medical Journal, "la réduction de la mortalité par cancer du sein en France a été plutôt modeste, alors que ce pays compte l'un des taux les plus élevés de mammographie par million de femmes, qu'il affiche la plus forte dépense de médicaments anticancéreux par personne en Europe, qu'il est à l'avant-garde de l'utilisation des nouveaux médicaments particulièrement coûteux contre le cancer et qu'il consacre de nombreux efforts pour améliorer l'adhésion aux protocoles".
Au-delà du paradoxe relevé à propos du cas français - qui vaut aussi, dans une moindre mesure, pour les pays scandinaves -, les auteurs de l'étude tirent un certain nombre de conclusions de portée générale. Ainsi, il apparaît que la mise en œuvre de soins de santé organisés et coordonnés a un impact positif fort sur la mortalité. De même, il ressort de l'étude que les stratégies les plus efficaces sont celles qui combinent un effort important de dépistage et une bonne coordination des soins.
Pour plus de renseignements, consultez l'étude sur le site du Circ.
La santé en clics