Santé publique
Semaine européenne de la vaccination : halte à la rougeole
[hopital.fr] Du 26 avril au 2 mai, cela fait une semaine pour mettre à jour ses vaccins! Enjeux d’une semaine de prévention centrée, cette année, sur la rougeole qui regagne dangereusement du terrain.
Pour la semaine européenne de la vaccination organisée par le ministère de la santé et l’Inpes, la Secrétaire d'Etat chargée de la Santé, Nora Berra, a ouvert sa conférence de presse en mettant en regard « l'immense avancée médicale qu'a constituée la vaccination depuis qu'elle a débuté avec Pasteur, et la vaccination réussie du petit Joseph Meister contre la rage, en 1885 » et la recrudescence de l’épidémie de rougeole. « On estime que 1,3 millions d’enfants et de jeunes adultes âgées de 6 à 29 ans ne sont pas vaccinés. Et comme il s'agit d'une maladie à développement rapide et très contagieuse, un cas peut en contaminer jusqu'à 20. » Autant dire que la vaccination reste toujours un sujet d’actualité et un enjeu de santé publique.
Une couverture vaccinale insuffisante
Il faut avoir en tête quelques ordres de grandeur que rappelle la Secrétaire d’état : « Selon la loi de santé publique de 2004, les objectifs de la couverture vaccinale, pour être efficaces, doivent […] atteindre les taux suivants : au moins 95% des maladies vaccinales, sauf la grippe ; au moins 75% dans tous les groupes cibles pour la grippe », ce qui est loin d’être le cas en raison de disparités géographiques, de classe d’âge et de type de vaccination.
L’enquête de la Direction générale de la santé (DGS) sur la couverture vaccinale en France donne des résultats assez édifiants. Nora Berra dresse un bilan des disparités autour de quatre aspects :
« - 1er constat : il est d'ordre géographique, le sud de la France se vaccine moins que le nord par exemple pour la rougeole comme sa diffusion géographique nous le montre actuellement.
- 2ème constat : chez les enfants, si la couverture atteint l'objectif pour la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, et la coqueluche, elle est insuffisante pour la rougeole, les oreillons, la rubéole, l'hépatite B, le pneumocoque et la méningite C.
- 3ème constat : chez les adolescents, aucune vaccination n'atteint les 95% de couverture vaccinale. Ainsi moins d’une jeune fille sur deux en âge d’être vaccinée contre le HPV ne l’est pas !
- 4ème constat : chez les adultes, les quelques études dont nous disposons montrent des taux très insuffisants, et qui baissent avec l'âge. Je […] rappelle que seulement 61% des personnes de plus de 65 ans ont été vaccinés contre la grippe l’hiver dernier, nous sommes loin des 75% minimum qui sont notre objectif. »
Comment expliquer ces chiffres ? En partie par la multiplicité des vaccins mais également en raison d’une mauvaise perception de la gravité des maladies, de la crainte d’effets secondaires ou de désinformation.
Pour restaurer la confiance dans les vaccins, le ministère de la santé envisage une réflexion qui associe l’ensemble des partenaires (professionnels de santé, agences sanitaires, instituts de recherche, sociétés savantes).
Initiatives locales
Pour en savoir plus, n’hésitez pas à vous rendre chez votre médecin ou dans un centre de vaccination.
A Orléans, le centre de vaccination du CHR sera ouvert toute la semaine à l’hôpital Porte Madeleine pour répondre aux questions, lire les carnets de vaccination et mettre à jour gratuitement les vaccinations recommandées.
A Nantes, des informations seront données autour de l’exposition « Planète vaccination » dans les halls du CHU et des séances de vaccination gratuites sont organisées au Centre de vaccinations polyvalentes.
Et consultez le site de la Semaine européenne de la vaccination ou notre rubrique Vaccination.
connectez vous ou inscrivez vous pour commenter cet article