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Psychiatrie

Repérer les signes d’alerte pour prévenir la dangerosité psychiatrique

08.7.2011

[hopital.fr] C’est au lendemain de la publication au Journal officiel de la loi sur les «soins sans consentement» que la Haute Autorité de Santé (HAS) sort un rapport et des recommandations sur la dangerosité des schizophrènes et des personnes souffrant de troubles de l’humeur. Loin des clichés.

Les actes de violence des personnes souffrant de maladie mentale sont à la fois une question sanitaire et sociétale. Anticiper le risque de passage à l’acte est un des enjeux de la prise en charge médicale de ces patients.

Saisie par le Ministère chargé de la santé, la HAS a organisé une audition publique afin de proposer aux professionnels un état des connaissances objectif et dépassionné mais aussi des recommandations pour une meilleure détection des signes d’alerte. La méthodologie utilisée s’est attachée aux seuls psychoses schizophréniques et troubles de l’humeur.

Seulement 1 homicide sur 20 commis par un malade mental

En France, 1 % de la population souffre de troubles schizophréniques et 1 % de troubles bipolaires. Ils sont à l’origine de 3 à 5 % des cas de violence. Un pourcentage qui inquiète la société. Or si l’on regarde les chiffres de plus près, on s’aperçoit que le phénomène est minoritaire. Un homicide sur 20 à 50 est commis par une personne souffrant de maladie mentale.

Pour le Professeur Jean-Louis Senon, le président de la commission d’audition qui est aussi psychiatre au CHU de Poitiers, « Les cimes commis par les malades mentaux sont l’exception. […] A l’inverse, les malades mentaux sont 7 à 17 fois plus des victimes que la population générale ». Pour Claude Finkelstein, présidente de la Fnapsy, la Fédération nationale des patients en psychiatrie, « Il n’y a pas de patient dangereux mais des facteurs de dangerosité ».

Les conclusions de l’audition publique montrent l’importance de repérer les facteurs de risque afin de prévenir les actes de violence. Parmi ceux-ci, on trouve les critères de prédiction : âge, sexe, antécédents de violence commise ou subie, consommation d’alcool ou de drogue, difficulté d’insertion, précarisation, rupture dans les soins. 

En cas de troubles schizophréniques, les équipes soignantes doivent aussi être attentives à des signes cliniques d’alerte tels que :

  • un délire paranoïde avec injonction hallucinatoire ;
  • des idées délirantes de persécution avec dénonciation d’une personne considérée comme persécutant le malade ;
  • des idées délirantes de grandeur, passionnelles ou de filiation ;
  • des menaces écrites ou verbales pouvant évoquer un scénario de passage à l’acte contre le persécuteur supposé ;
  • une consommation importante d’alcool ou de substances psycho-actives.

Et, en cas de troubles de l’humeur, et notamment dans les dépressions, les équipes soignantes doivent être vigilantes à des signes d’alerte tels que :

  • l’importance de la douleur morale ;
  • des idées de ruine, d’indignité notamment quand elles s’élargissent aux proches ;
  • un sentiment d’injustice ou de blessure narcissique.

Pour repérer les signaux d’alerte,  il faut une bonne connaissance clinique et aussi environnementale du patient.  



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