Santé des étudiants
Près d'un étudiant sur cinq a renoncé à des soins au cours des six derniers mois, selon une étude
Réalisée tous les deux ans depuis dix ans, cette enquête a été élaborée par l'Usem en partenariat avec CSA Santé et avec le soutien du ministère de la santé auprès de 50.000 étudiants, via un questionnaire anonyme envoyé par voie postale. Au total, 12.070 étudiants ont répondu, soit un taux de retour de 24,1%.
La majorité des étudiants (94,8%) considère que leur état de santé est "bon" ou "plutôt bon", contre 93,5% en 2007. Toutefois, des "difficultés perdurent", souligne l'Usem dans son dossier de presse. Ils sont 75% à déclarer ressentir de la somnolence et 34,5% à avoir des difficultés à gérer leur stress. En outre, 8,5% ont eu des pensées suicidaires au cours de l'année écoulée.
L'Usem note des "disparités" sur cet état de santé ressenti. Ainsi, les femmes sont plus nombreuses à déclarer être en souffrance que les hommes: 45,1% d'entre elles déclarent mal gérer leur stress contre 23,3% des hommes et 9,9% ont déjà pensé au suicide contre 6,8% pour les hommes.
Ce mal-être se manifeste aussi davantage chez les étudiants de plus de 21 ans et ceux des filières littéraires et sciences humaines. Ces derniers déclarent être en bonne santé à 93,1% contre 95% des filières "sciences et ingénieurs". Ils sont aussi plus nombreux à avoir une vision négative de l'avenir: 18,5% contre 6,2% des étudiants de filières médicales et paramédicales.
Ils sont 80,5% à avoir consulté un professionnel de santé au cours des six derniers mois en 2009, contre 83,6% en 2007. La consultation d'un généraliste au cours des six derniers mois a aussi légèrement baissé: 80% en 2009, contre 84,7% en 2007. Celle des gynécologues est passée de 43,5% en 2007 à 38,3% en 2009.
Les étudiants étaient 18,9% à avoir renoncé à des soins au cours des six derniers mois, avec respectivement 23,6% des femmes contre 13% des hommes. Ce phénomène augmente aussi avec l'âge: il passe de 11,5% pour les moins de 21 ans à 29,2% des 23 ans et plus.
Les étudiants en lettres et langues et en sciences humaines renoncent significativement plus aux soins, avec respectivement 23,4% et 27,3%, contre 12,6% pour la filière "sciences et ingénieur".
La couverture complémentaire est toujours plus faible que dans le reste de la population, 83,7% des étudiants étaient couverts en 2007, contre 92% pour la population générale. Ils étaient 83,5% en 2007 à déclarer avoir une complémentaire santé.
Près de la moitié (48,8%) avance le coût pour expliquer le renoncement à une mutuelle. Un étudiant sur quatre (25,1%) estime aussi être peu ou mal informé sur les complémentaires santé, contre 15,3% en 2007.
L'Usem réitère, à cette occasion, sa demande de création d'un chèque santé étudiant pour faciliter l'accès de la population estudiantine à une complémentaire santé.
PROGRESSION DE LA CONSOMMATION DE POPPERS
Ils sont 73,7% à déclarer consommer au moins une fois par mois de l'alcool, contre 67,6% en 2007. La consommation excessive d'alcool concerne 12,5% des étudiants qui boivent cinq verres ou plus au cours d'une occasion, avec 17,8% pour les hommes et 8,2% pour les femmes.
Près d'un quart des étudiants (24,5%) déclarent être fumeurs dont 9,9% fumeurs occasionnels et 14,6% fumeurs quotidiens. Ils étaient 29% en 2007.
Ils sont 7,8% à avoir eu recours à des aides pour arrêter de fumer. Parmi les fumeurs, 32,9% déclarent avoir réduit leur consommation de tabac et 1,9% à avoir arrêté de fumer, suite à la mise en place du décret interdisant du fumer dans les lieux publics. En revanche, 65,2% n'ont rien changé à leurs habitudes.
Le cannabis a été expérimenté au cours de l'année par 20,8% des étudiants, contre 12,2% en 2007. La consommation des poppers est aussi en forte progression, avec 4,4% contre 2,2% en 2007.
Ces chiffres corroborent les résultats de l'"enquête sur la santé et les consommations lors de l'appel de préparation à la défense" (Escapad), menée par l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) et présentée début juin, qui montrait une forte hausse des produits à inhaler et des poppers chez les jeunes de 17 ans.
Le poppers constitue ainsi la drogue la plus consommée après le cannabis. Parmi les produits psychotropes à l'essai, les étudiants citent ensuite la cocaïne (1,3%), les champignons hallucinogènes (1,2%) et l'ecstasy (0,7%).
Alors que les réponses des étudiants montrent un intérêt pour les thèmes du "stress" et du "sommeil", deux nouveaux thèmes apparaissent: les violences sexuelles citées par 6,9% des étudiants et l'identité sexuelle citée par 5,5% d'entre eux.
mh/ab/APM polsan
redaction@apmnews.com
PARIS, 22 juin 2009 (APM)
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