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Don d'organes

Plus des deux tiers des Français y ont réfléchi mais le sujet demeure tabou, selon un sondage

15.6.2009
[APM] Plus des deux tiers des Français ont déjà réfléchi au don d'organes, mais le sujet semble encore assez tabou et ils sont à peine plus de la moitié à souhaiter les donner après leur mort, selon un sondage publié par Santé magazine, en kiosque vendredi.

L'enquête (InfraForces) a été réalisée par téléphone fin avril auprès d'un échantillon représentatif (âge, sexe, région) d'un millier de personnes habitant la France métropolitaine, âgées de 18 ans et plus.

D'après les résultats, un peu plus des deux tiers des Français (68%) disent avoir déjà réfléchi à la question du don d'organes, les femmes un peu plus que les hommes (71% versus 65%).

Ils ne sont que 53% à souhaiter vouloir donner leurs organes après leur mort, 18% sont encore hésitants et 23,5% répondent non. Il n'existe pas de différence selon le sexe mais l'âge influence la réponse puisque les 25-34 répondent oui à 67% et 38% des plus de 55 ans ne le souhaitent pas.

Alors que la loi prévoit le consentement présumé, ce chiffre de 53% paraît assez faible, note-t-on. Dans un sondage commandé par l'Agence de la biomédecine fin 2006, 79% des Français pensaient qu'eux ou leurs proches pourraient donner leurs organes après leur mort et 70% disaient avoir déjà pensé au don. Ils étaient 48% à en avoir discuté.

Dans le sondage publié par Santé magazine, sauver une vie est la première motivation pour donner ses organes (presque 100%). La très grande majorité des personnes favorables sont conscientes de la situation de pénurie. Leur choix d'être donneur est donc perçu comme un acte de mobilisation, de soutien.

Le sondage montre par ailleurs que pour 42% des Français favorables, ce don est aussi une partie de soi qui survit chez un autre après la mort, alors que 38% s'opposent en revanche à cette idée.

La principale raison du refus est d'ordre médical (vous avez un problème de santé ou vous pensez être trop vieux) à 45,5%, puis à 21% d'ordre émotionnel, à 15,5% d'ordre familial (ne veulent pas imposer cette situation à leurs proches) et les motifs spirituels et religieux arrivent en dernière position (7,5% et 10,5%).

La motivation d'ordre médical atteint même 75% chez les 65 ans et plus, alors qu'il n'y a pas de limite d'âge pour donner. L'échantillon comportait 11,4% de personnes de la tranche d'âge 18-24 ans, 16,1% de 25-34 ans, 18% de 35-44 ans, 17,4% de 45-54 ans, 15,8% de 55-64 ans et 21,4% de 65 ans et plus.

Ils sont 58% à avoir informé un ou plusieurs proches de leur position (77% de ceux qui sont favorables et 45% de ceux qui sont opposés). Les 25-34 ans sont ceux qui en ont le plus parlé (66%). Ceux qui ne l'ont pas encore fait évoquent principalement le manque d'opportunité pour aborder la question (68%), le manque d'urgence (20%), ce qui traduit aussi le fait que le sujet est délicat à aborder voire encore tabou.

A propos de la carte de donneur que certaines associations distribuent, seuls 13,5% des Français déclarent en avoir une dans ce sondage (23% de ceux qui se déclarent favorables) et 0,4% de ceux qui n'ont pas de carte sont inscrits au registre national des refus.

sl/ab/APM polsan
redaction@apmnews.com

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PARIS, 12 juin 2009 (APM)



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