Public/privé
Nicolas Sarkozy incite les établissements hospitaliers à coopérer
[APM] Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a incité jeudi les établissements hospitaliers, publics et privés, à coopérer afin de renforcer leur attractivité, lors d'un déplacement à Fontainebleau.
Le président et la secrétaire d'Etat en charge de la santé, Nora Berra, ont visité jeudi matin la Polyclinique de la Forêt (groupe Salvia) où lui a été présenté le projet de plate-forme public/privé du Bréau entre la polyclinique et l'hôpital de Fontainebleau.
Ce projet baptisé "Clinhôpital" (450 lits et places), qui attend le feu vert de l'Agence régionale de santé (ARS) Ile-de-France, vise à construire un bâtiment commun dont le coût est estimé à 150 millions d'euros et qui devrait ouvrir en 2015 dans le cadre d'un groupement de coopération sanitaire (GCS) de moyens.
Nicolas Sarkozy s'est entretenu pendant environ 20 minutes à huis clos avec les acteurs de ce projet puis a participé pendant plus d'une heure dans un gymnase de Fontainebleau à une table ronde avec une patiente, une infirmière et des médecins, en présence des présidents des fédérations hospitalières (FHF, FHP, Fehap) et devant plusieurs centaines de professionnels de la santé et élus.
Il a mis l'accent sur l'importance de la coopération pour les établissements de santé en soulignant que l'opposition d'une clinique et d'un hôpital risquait de "faire mourir les deux".
Il a rappelé que la seconde tranche du Plan hôpital 2012 serait annoncée en septembre et que les tutelles auraient une "grande exigence sur la complémentarité et le service aux patients". "Ceux qui accepteront de coopérer, nous leur donnerons de l'argent".
Spécifiquement sur la région, il a observé que chaque établissement seul ne faisait pas le poids par rapport aux établissements parisiens, situés à environ 60 km, et que les coopérations permettaient d'augmenter l'attractivité pour les patients et les professionnels et de limiter les taux de fuite.
"Les établissements de Fontainebleau, Melun et Corbeil-Essonnes [Essonne] perdent 120.000 séjours par an à cause de patients" qui préfèrent se faire soigner à Paris, a-t-il indiqué. Si le nombre de séjours perdus était réduit de 10%, ces établissements récupéreraient de 30 millions à 36 millions d'euros de recettes, a-t-il ajouté.
Il a souligné l'exemplarité du projet de Fontainebleau et de celui de plate-forme hospitalière public/privé à Melun (850 lits et places), en souhaitant qu'il y ait d'autres projets de ce type.
Il a insisté sur le fait que ces coopérations conduisaient à une complémentarité et non à une fusion et que chaque établissement conservait ainsi son identité, les personnels leurs statuts et les patients le choix de leur prise en charge.
Soutien au secteur privé
Le chef de l'Etat s'est félicité de constater un "climat social relativement apaisé" à l'hôpital car "on [y] a mis beaucoup d'argent, on s'en est occupé". "Je me suis investi comme si j'étais ministre de la santé" car c'est un "sujet central", a-t-il déclaré.
Il a par ailleurs marqué son soutien à l'hospitalisation privée qui remplit comme l'hôpital, "une mission au service de la santé publique". Il a rappelé qu'il allait "très souvent" dans des hôpitaux publics mais que c'était "la première fois qu'un président en exercice visitait un établissement privé" alors qu'ils "représentent 25% de l'offre de soins".
Il s'est également déclaré en faveur de l'accueil des internes dans les cliniques, en soulignant que cela ne mettait pas en cause la qualité des CHU et de l'hospitalisation publique.
Nicolas Sarkozy a insisté à nouveau sur l'importance pour l'hôpital de se positionner sur la phase aiguë et sur la nécessité de développer l'amont et l'aval. S'agissant des soins de suite et de réadaptation (SSR), il a indiqué que depuis 2007, le nombre de places avait augmenté de 17% et que 1,2 milliard d'euros avaient été investis dans ce secteur.
Il s'est toutefois interrogé sur les disparités régionales de l'offre en SSR, notamment sur le fait que la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur (Paca) ait 50% de capacités de SSR en plus par rapport au Nord-Pas-de-Calais. "Je suis pour l'égalité", a-t-il déclaré.
"Lever le mur de défiance"
Pour Nicolas Sarkozy, il faut aussi lever "le mur de défiance" entre la ville et l'hôpital en renforçant les coopérations.
Il a indiqué que la question de l'information entre le médecin traitant et le médecin de l'hôpital était "clairement posée" et a demandé à Nora Berra et aux ARS de réfléchir à des expérimentations pour "gérer le fonctionnement conjoint médecine libérale/médecine hospitalière (...) dès la fin de l'année".
Il souhaite également qu'il y ait davantage d'étudiants en médecine générale dans les cabinets de ville et que ces stages durent "plus longtemps".
Enfin, Nicolas Sarkozy a annoncé que le ministre du travail, de l'emploi et de la santé, Xavier Bertrand, et Nora Berra feraient des propositions avant l'été afin de "rendre du temps médical" aux médecins. "On va très fortement alléger les contraintes administratives et, pour la nouvelle convention, aborder sans tabou la question de la rémunération des médecins", a-t-il ajouté.
06/05/2011
cb/ab/APM polsan
redaction@apmnews.com
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