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Société

Les inégalités sociales de santé sont loin d'avoir disparu

29.3.2011

[hopital.fr] Si la France connaît de bons résultats sanitaires, le milieu et le statut social continuent d'influencer fortement l'état de santé des individus. Les réponses dépassent le seul cadre sanitaire, dans la mesure où les déterminants sont d'ordre social.

Le dernier numéro du "Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire" de l'Institut de veille sanitaire (InVS) regroupe plusieurs contributions sur le thème des inégalités sociales de santé. L'étude de l'espérance de vie à cinquante ans est, par exemple, très révélatrice. En effet, elle est de 27 années supplémentaires pour un ouvrier, contre 32 pour un cadre. De plus, le premier ne pourra espérer vivre que 13 à 14 ans en bonne santé - c'est-à-dire sans limitation fonctionnelle (difficultés à marcher, troubles de l'audition...) -, contre environ 21 ans pour le second. L'exposition à des produits chimiques - dont certaines substances cancérigènes -, le port de charges lourdes et la répétitivité des gestes seraient ainsi responsables de l'état de santé plus dégradé des catégories sociales les moins favorisées, et d'une plus forte dépendance aux âges élevés.

Tous les indicateurs sanitaires révèlent une tendance similaire. Ainsi, entre 2000 et 2006, la surcharge pondérale a diminué chez les enfants de 5 à 6 ans. Cependant, tandis que seulement 1,2 % des enfants dont le père est cadre présentent une obésité, ce chiffre passe à 13,9 % chez ceux des ouvriers. Mais si l'influence des revenus, du statut social et du niveau d'éducation sur cette pathologie est connue de longue date, le lieu d'habitation apparaît également déterminant. Un faible taux d'habitants ayant suivi des études supérieures, une plus grande distance aux magasins alimentaires de détails (boucherie, boulangerie...), une forte proportion d'établissements de restauration rapide, un faible nombre de commerces et services de voisinage ainsi que d'équipements sportifs semblent favoriser le surpoids. Ces résultats sont toutefois à considérer avec prudence, dans la mesure où l'offre de services et de produits est étroitement liée à la composition sociale du quartier.

Il en va de même pour la mortalité. Les zones où l'on observe un faible revenu médian par ménage, un pourcentage peu élevé de bacheliers, un fort taux d'ouvriers dans la population active et un chômage élevé sont également celles où le taux de décès par habitant et par an est supérieur à la mortalité attendue. Les régions sont toutefois différemment touchées, le Sud affichant plutôt bonne santé, tandis que le Nord de la France présente une mortalité élevée, à l'exception toutefois de l'Île-de-France.

Inégalités sociales, sanitaires et territoriales sont donc liées. Or la zone de résidence dépasse de loin le champ d'intervention du système de santé. C'est pourquoi les pouvoirs publics doivent mener des actions plus larges, intersectorielles et basées sur la prévention. La récente création des agences régionales de santé va d'ailleurs dans ce sens, puisqu'une de leurs missions concerne la réduction des inégalités sociales de santé.

Pour plus de renseignements : http://www.invs.sante.fr/display/?doc=beh/2011/08_09/index.htm



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