Accidents de la vie courante
Les deux tiers des décès dans des accidents de la vie courante concernent les plus de 75 ans
[hopital.fr] En 2006, plus de 18 500 Français ont succombé à la suite d'un accident de la vie courante. Les personnes âgées sont les plus touchées.
L'institut de veille sanitaire (InVS) a publié, le 2 mars, un numéro du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) consacré à la mortalité par accident de la vie courante (AcVC) en France, de 2000 à 2006. L'étude recense et caractérise "ces traumatismes non intentionnels, qui ne sont ni des accidents de la circulation routière, ni des accidents du travail".
Malgré une diminution du nombre des décès de 11% depuis 2000, les accidents de la vie courante ont encore provoqué la mort de 18 549 personnes en 2006. Les deux tiers des victimes sont des personnes âgées de plus de 75 ans (soit environ 12 000 décès). Les AcVC sont aussi la première cause de décès des enfants d'un an à 14 ans, mais c'est, en revanche, sur cette tranche d'âge que la diminution du nombre de décès depuis 2000 est la plus marquée (-24%). La baisse de mortalité par AcVC chez les moins de 15 ans pourrait s'expliquer, entre autres, par les campagnes massives de prévention, mais également par la réglementation plus stricte imposée, en matière de sécurité, aux produits et jouets pour enfants.
En termes de typologie des accidents, les chutes représentent - tous âges confondus - la première cause de décès, avec 9 099 morts, soit 60% des causes identifiées de décès par AcVC. Elles sont même à l'origine des trois quarts des décès chez les personnes âgées de plus de 75 ans. Les suffocations - "majoritairement liées à l'ingestion d'aliments provoquant l'obstruction des voies respiratoires" - ont provoqué, pour leur part, 2 848 décès en 2006 et constituent la première cause de décès par AcVC chez les enfants de moins d'un an. Viennent ensuite les noyades, les intoxications, les accidents causés par le feu, les faux mouvements, les électrocutions, les chocs accidentels et les piqûres-morsures.
Les blessures provoquées par un AcVC, tous types d'accident confondus, sont principalement situées au niveau de la hanche (24%) et de la tête (21%). Les fractures (51%) et les atteintes d'organes internes (27%) sont les suites accidentelles les plus fréquentes. Les décès dus aux AcVC se produisent les plus souvent (48%) en établissement hospitalier - où les victimes ont été transportées - à domicile (25%) et en maison de retraite (9%). Les chiffres révèlent également une surmortalité masculine, avec 32,2 décès pour 100 000 habitants contre 19,4 chez les femmes. Des disparités existent aussi au niveau régional. Ainsi, la Bretagne, le Nord-Pas-de-Calais et la Franche-Comté affichent une mortalité supérieure à la moyenne. L'Ile-de-France se démarque, en revanche, avec des résultats inférieurs de 20% au taux national. Il est vrai que la part des personnes âgées y est elle-même inférieure à la moyenne nationale.
Afin de prévenir les AcVC, les pouvoirs publics et l'Institut national de la consommation (INC) ont mis en ligne le site internet "Stop aux accidents quotidiens". Celui-ci propose notamment des conseils pratiques et des solutions pour limiter le risque d'accident domestique, en fonction des tranches d'âge et des activités ou produits concernés. Pour l'InVS en effet, "de nombreux décès pourraient être évités par des mesures de prévention et de réglementation adaptée".
Pour plus de renseignements :
http://www.invs.sante.fr/beh/2010/08/beh_08_2010.pdf
http://www.stopauxaccidentsquotidiens.fr
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