Diabète
Le nombre de diabétiques progresse de 110.000 personnes par an en France, selon la CNAMTS
[APM] Le nombre de personnes traitées pour un diabète en France progresse au rythme de 110.000 par an, a expliqué jeudi le Dr Alain Weill, chef de service à la Direction de la stratégie, des études et des statistiques de la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS), lors d'un point presse.
Le Dr Weill a présenté à cette occasion de nouvelles données médico-économiques tirées de l'enquête Entred (échantillon national témoin représentatif des personnes diabétiques) 2007, qui a déjà fait l'objet d'un premier bilan en mars.
Chaque année, la France enregistre 180.000 personnes supplémentaires traitées pour un diabète et 70.000 décès dans la population des patients touchés par cette affection, ce qui porte le solde net de progression de la maladie à 110.000 par an, a expliqué Alain Weill.
Entre 2001 et 2007, le nombre de personnes traitées pour diabète a progressé de 40%, passant de 1,8 à 2,5 millions, a-t-il observé, soit un taux de croissance annuel de 5,7 %. Le taux de prévalence atteint en moyenne 3,95 % puis 12,5 % après 60 ans et 18 % des hommes et 13 % des femmes à partir de 80 ans.
Cette progression en six années s'explique notamment par plusieurs "effets multiplicatifs": la croissance naturelle de la population française (+4,3 % de diabétiques), son vieillissement (+4,7 % de diabétiques) et la hausse du taux de prévalence de traitement du diabète corrigé de l'âge et du sexe (+28,2 % de diabétiques), notamment dû à l'augmentation de l'obésité et du surpoids, et enfin l'augmentation de l'espérance de vie des diabétiques.
La CNAMTS chiffre à 12,5 milliards d'euros les remboursements de soins effectués en 2007 au bénéfice des patients diabétiques, contre 7,1 milliards en 2001, soit 9 % des dépenses de l'assurance maladie contre 7 % en 2001. La progression des remboursements de soins, en euros constants, a donc bondi de 80%, ce qui s'explique par l'augmentation des effectifs et la hausse du coût moyen de prise en charge.
Selon des données affinées de l'enquête Entred, ces 12,5 milliards se répartissent en 4,7 milliards pour l'hospitalisation publique et privée, 3,4 milliards pour les médicaments, 1 milliard pour les soins infirmiers, 1 milliard pour le matériel médical, 0,9 milliard pour les honoraires médicaux, 0,4 milliard pour les actes de biologie, 0,4 milliard au titre des transports sanitaires et 0,2 milliard pour la kinésithérapie.
Le remboursement annuel moyen atteint 5.350 euros par patient diabétique en 2007 (+ 30 % depuis 2001), avec une grande variété des montants remboursés selon la gravité de la pathologie, pouvant aller de 3.600 euros pour un diabétique de type 2 traité par médicaments oraux uniquement, à 10.400 euros pour un diabétique de type 2 traité par insuline et plus de 65.000 euros par an pour les patients souffrant de complications néphrologiques.
Le patient diabétique bénéficie en moyenne d'un remboursement de 1.400 euros au titre des médicaments.
AMELIORER LA PRISE EN CHARGE ET MAITRISER LES COUTS
Si les résultats de l'enquête Entred ont montré une amélioration de la prise en charge des diabétiques, la CNAMTS estime que des progrès sont encore nécessaires, y compris pour maîtriser la progression des dépenses, ont affirmé le Dr Weill et le directeur général de la CNAMTS, Frédéric van Roekeghem.
Pour cela, la CNAMTS s'appuie sur les initiatives de l'Etat (programme national nutrition santé, PNNS), sur son programme d'accompagnement personnalisé Sophia, que le gouvernement souhaite généraliser dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2010, sur les actions de maîtrise médicalisée et les contrats d'améliorations des pratiques individuelles (Capi) et la promotion des recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) par les médecins conseils.
Alain Weill a annoncé le lancement d'actions spécifiques, auprès des médecins et des patients, afin de favoriser le bon usage des dispositifs d'auto-surveillance glycémique, dont les dépenses ont fortement progressé (347 millions d'euros en 2008 contre 294 millions en 2006), la CNAMTS estimant que son utilité n'est pas établie pour les patients dont la glycémie est bien équilibrée.
La CNAMTS souhaite également augmenter l'offre de dialyse péritonéale à domicile pour les patients diabétiques souffrant d'insuffisance rénale chronique, compte tenu des "avantages en matière d'autonomie du patient, de la qualité de vie", mais aussi en raison du coût moins élevé que l'auto-dialyse en centre ou l'hémodialyse en centre.
vg/ab/APM polsan
redaction@apmnews.com
PARIS, 23 octobre 2009 (APM)
La santé en clics