Organisation des soins
Le dossier médical du patient démarre doucement
[hopital.fr] Après de nombreux déboires aujourd'hui surmontés, le dossier médical du patient (DMP) entre progressivement en service, à titre expérimental. Son déploiement pourrait être accéléré par une nouvelle mesure : l'expérimentation du DMP sur une clé USB.
Créé par la loi du 13 août 2004 relative à l'assurance maladie, le dossier médical du patient (DMP) a vocation à regrouper, sous une forme dématérialisée, l'ensemble des informations personnelles de santé nécessaires au suivi d'un patient : traitements, antécédents médicaux et chirurgicaux, comptes-rendus hospitaliers et de radiologie, analyses de laboratoire... Les professionnels de santé peuvent y accéder et le compléter, mais uniquement avec l'accord du patient.
Très prometteur et expérimenté dès 2006, le DMP a cependant connu, dans un premier temps, de nombreux déboires : systèmes d’information non communicants, développement insuffisant des systèmes d’information de production de soins à l’hôpital, organisation des soins trop cloisonnée, offre industrielle dispersée et non cohérente, gouvernance éclatée entre de multiples acteurs... Après différents rapports sur la question, il a finalement été décidé, au printemps 2009, de relancer le DMP, avec une nouvelle gouvernance assurée par un organisme unique créé à cet effet : l'Agence des systèmes d’information partagés de santé (Asip).
Déjà plus de 16 000 DMP
Cette relance s'est révélée bénéfique, puisque le DMP a été mis en service - à titre expérimental - le 16 décembre 2010. En six mois, environ 16.000 DMP ont été créés, dont 90% dans les quatre régions expérimentatrices (Alsace, Aquitaine, Franche-Comté et Picardie). Ce début est encore modeste au regard de la population des régions concernées, mais le rythme d'ouverture des dossiers s'est fortement accru au fil des semaines. Ce démarrage en douceur est également lié à la nécessité d'équiper les médecins libéraux et les établissements de santé. Au 1er juillet 2011, environ 250 professionnels de santé libéraux et douze établissements de santé étaient ainsi équipés. L'objectif de l'Asip est d'atteindre le chiffre de 40 établissements et de 2.250 professionnels de santé équipés avant la fin de 2011.
La montée en charge du DMP pourrait également bénéficier d'une autre mesure récente. Un article de la loi du 10 août 2011 - qui apporte diverses modifications à la loi "Hôpital, patients, santé et territoires" du 21 juillet 2009 - autorise en effet l'expérimentation, dans plusieurs régions, du DMP sur une clé USB. Il suffirait alors au patient, détenteur de ce support informatique amovible, de remettre la clé USB à son médecin lors des consultations ou à l'hôpital. Pour ses partisans, ce système aurait le mérite de simplifier la question de la sécurité et de la confidentialité des données, puisque celles-ci figureraient sur la clé du patient au lieu d'être stockées chez un hébergeur.
Pour plus de renseignements :
http://www.dmp.gouv.fr/web/dmp/accueil
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