Santé mentale
Le Parlement se penche sur la psychiatrie
[hopital.fr] L'Office parlementaire d'évaluation des politiques de santé, organisme commun à l'Assemblée nationale et au Sénat, publie un rapport intitulé "La psychiatrie en France : de la stigmatisation à la médecine de pointe".
Présenté au nom de l'Office parlementaire d'évaluation des politiques de santé (Opeps) par Alain Milon, médecin et sénateur du Vaucluse, le rapport commence par dresser un état des lieux de la psychiatrie. Il constate que, malgré le plan psychiatrie 2005-2008 (1,5 milliard d'euros de financement dont 750 millions d'investissement), "aucune réforme d'ampleur n'a encore été menée". Les objectifs en matière de santé mentale inscrits dans la loi de santé publique du 9 août 2004 n'ont pas été atteints - par exemple en ce qui concerne le taux de suicides - et certains d'entre eux ne peuvent pas être mesurés avec certitude, faute d'indicateurs fiables. Si la ministre de la Santé a bien annoncé la préparation d'un projet de loi consacré à la santé mentale, son calendrier n'a pas encore été arrêté. Malgré ces difficultés, la psychiatrie française, "pionnière depuis l'origine", "se maintient toujours au plus haut niveau scientifique et reste en pointe sur certaines maladies".
Le rapport considère que la psychiatrie est aujourd'hui "à un tournant de son histoire" et doit évoluer. Mais, "pour qu'elle soit positive, cette évolution devra prendre en compte deux séries d'exigences : centrer les soins sur le malade et mieux connaître la maladie mentale". L'Opeps a adopté pour cela une quinzaine de propositions.
En matière de soins, le rapport propose ainsi de développer la prise en charge des troubles psychiatriques par catégorie d'âge. Il suggère de créer une spécialisation de niveau master en psychiatrie pour les infirmiers et de permettre aux infirmiers déjà titulaires du diplôme d'Etat d'infirmier de secteur psychiatrique d'exercer une activité libérale. Il préconise aussi de renforcer la formation initiale et continue des médecins généralistes en psychiatrie, ainsi que les échanges d'information avec les psychiatres, et de renforcer les coopérations entre professionnels de santé mentale à partir de protocoles élaborés par la Haute autorité de santé.
En matière de recherche, l'Opeps préconise de développer la recherche interdisciplinaire et de constituer un réseau national dans le domaine de la recherche psychiatrique. Il recommande aussi de mettre en place un suivi de cohortes en matière de troubles psychiatriques et de conduire des études épidémiologiques dans le cadre de la politique régionale de santé. Autre proposition en ce domaine : accorder à FondaMental - fondation de soins et de recherche en santé mentale - un statut équivalent à celui de la fondation Alzheimer.
Pour associer l'ensemble des professionnels concernés à la mise en place d'une nouvelle politique en la matière, le rapport propose d'organiser des Etats généraux de la santé mentale. A partir de leurs travaux, pourrait ensuite être élaboré le futur projet de loi sur la santé mentale "susceptible de permettre l'adaptation de l'organisation territoriale de la psychiatrie aux besoins de la population".
Les malades et leur famille ne sont pas oubliés, puisque le rapport préconise de "développer les campagnes d'information et de dé-stigmatisation des troubles psychiatriques".
Pour plus de renseignements :
http://www.senat.fr/noticerap/2008/r08-328-notice.html
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