Etablissements
Le Médiateur s'inquiète de la montée de la violence dans les hôpitaux
[hopital.fr] La "violence ordinaire" et les incivilités montent en puissance dans les hôpitaux français. En 2010, le "Pôle santé et sécurité des soins" (P3S) du Médiateur de la République a ainsi enregistré près de 4.800 plaintes.
Le rapport 2010 du Médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye, alerte sur une montée des "phénomènes de maltraitances, violences morales, négligences et incivilités" à l'égard des patients et du personnel hospitalier. Un an après sa mise en place, le service en charge des réclamations liées aux droit des malades et à la sécurité des soins a, en effet, reçu de nombreuses requêtes et témoignages relatifs aux droits et à la protection des personnes hospitalisées. Les principales requêtes concernent le déficit d'information, les difficultés d'accès au dossier médical, le défaut d'attention porté à des plaintes somatiques, ou encore l'accès à des soins de qualité. Les témoignages relatent diverses atteintes à l'intégrité des patients, des "oublis dans le couloir", "un ton et des paroles inappropriés, voire humiliants" ou "des besoins primaires (faim, soif, sommeil...) pas toujours respectés".
Face à cette situation, les professionnels de santé plaident l'épuisement, la surcharge de travail et les mauvaises conditions d'exercice. L'engorgement des urgences est un problème récurrent. Le recours, toujours plus important, aux services des urgences a des conséquences sur l'accueil et sur la qualité des soins. Mais, le rapport pointe aussi du doigt "les comportements consuméristes" de certains patients, désireux d'obtenir une prise en charge immédiate à moindre coût.
"Attention, il s'agit d'un non-respect mutuel" précise Jean-Paul Delevoye. "On a constaté une violence à l'égard du personnel soignant, victimes de menaces, d'intimidation et de coups". D'après les assureurs des établissements hospitaliers, les violences physiques et les menaces auraient augmenté de 25% entre 2008 et 2009. Le protocole santé-sécurité, passé entre les ministères de la Santé et de l'Intérieur, a d'ailleurs été actualisé, en juin 2010, afin d'y associer le ministère de la Justice. La collaboration entre les établissements et les forces de l'ordre a été renforcée par la mise en place de référents dans les hôpitaux, mais également par une simplification des procédures de dépôts des plaintes par les professionnels de santé.
Face à une certaine banalisation de la violence, le Médiateur rappelle la nécessité du "respect réciproque". Les établissements doivent garantir les droits des malades et les patients ne pas oublier leurs devoirs. Le Médiateur de la République milite pour que les centres de soins soient évalués sur leur capacité à promouvoir la bientraitance et pour que des dispositifs d'écoute des professionnels et de prévention soient mis en place.
Pour plus de renseignements :
http://www.mediateur-republique.fr/fic_bdd/pdf_fr_fichier/1300723881_Mediateur_RA2010_VDallege.pdf
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