Innovation
Le CHU de Montpellier forme ses futurs chirurgiens sur des malades virtuels
Permettre aux futurs chirurgiens de s'entraîner sur des patients virtuels afin d'apprendre les gestes basiques d'une intervention chirurgicale : tel est le choix fait par le CHU de Montpellier pour former les futurs professionnels de la chirurgie coelioscopique. Appelée également chirurgie à "ventre fermé", celle-ci se pratique en introduisant, par une petite incision pratiquée au niveau de l'abdomen, des instruments chirurgicaux commandés à distance par le chirurgien.
Pour assurer la formation des futurs spécialistes en la matière, le CHU de Montpellier a fait l'acquisition d'un simulateur baptisé "The LapSim" (pour simulateur laparoscopique). Fabriqué par une entreprise suédoise et désormais installé dans le service de chirurgie digestive du CHU, ce simulateur permet de se familiariser sans risque avec la gestuelle nécessaire lors d'une intervention de chirurgie coelioscopique. Il permet ainsi de reproduire, sur l'écran de la commande à distance, tous les gestes réalisés lors d'une intervention : navigation, instruments, coordination, vitesse et précision, saisir, couper, suturer, disséquer... Le simulateur pousse même le réalisme jusqu'à déclencher un saignement lorsque l'interne commet une erreur, par exemple lors d'une dissection.
En pratique, l'interne s'exerce sur le logiciel tous les quinze jours, en binôme avec un senior expérimenté. Le LapSim offre plusieurs types d'exercices. Les savoirs basiques élémentaires proposent pas moins de dix exercices, avec différents niveaux de difficultés, et développent plusieurs spécificités (coordination, force des mouvements, couper...). Les gestes techniques opératoires peuvent ainsi être décomposés en gestes élémentaires à pratiquer. De plus, chaque exercice entraîne la création d'un fichier informatique qui permet à l'interne de s'auto évaluer et de suivre la progression de ses acquisitions.
La mise en œuvre de ce simulateur présente plusieurs avantages. Elle permet tout d'abord un gain de temps pour l'élève dans l'apprentissage des gestes élémentaires. Lors d'une véritable opération, il peut ainsi se concentrer sur les spécificités de l'intervention.
Le recours au simulateur apporte également un gain en matière de sécurité. Les exercices pratiqués réduisent en effet les risques d'erreur en conditions réelles. Les premiers retours montrent d'ailleurs que les chirurgiens formés sur LapSim présentent de meilleures performances et une efficacité plus grande.
Enfin, le fait d'acquérir les savoirs élémentaires hors de la salle d'opération peut également présenter un avantage économique. Grâce à cette formation préalable, les interventions coelioscopiques réelles en salle d'opération sont moins longues. Un élément qui n'est pas négligeable lorsque l'on sait que le coût d'une minute en salle d'opération est estimé à 20 euros.
Pour plus de renseignements (en anglais) :
http://www.surgical-science.com/index.cfm/en/products/lapsim_basic_skills_/
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