Naissance
La moitié des morts maternelles pourraient être évitées
[hopital.fr] Le dernier numéro du Bulletin épidémiologique hebdomadaire publié par l’Institut de veille sanitaire (InVS) est consacré aux décès liés à l’accouchement. Si la France se situe dans la moyenne européenne en matière de mortalité maternelle, la moitié des décès survenus en donnant la naissance sont évitables.
70 à 75 femmes meurent chaque année en France pendant ou après leur grossesse. Le nombre annuel de naissances est d’environ 800 000, et le taux de mortalité maternelle est donc de 9,6 pour 100 000. Ce chiffre est peu élevé, mais il est supérieur à celui d’autres pays européens, comme la Suède, où il est de 2 pour 100 000.
Une mortalité plus importante pour les grossesses tardives
La mortalité maternelle augmente avec l’âge. Le risque de mortalité maternelle est en effet trois fois plus élevé pour les femmes enceintes âgées de 35 à 39 ans que pour celles ayant entre 20 et 24 ans. Pour celles de 40 à 44 ans, ce risque est huit fois plus élevé, et il est multiplié par trente pour les femmes de plus de 45 ans.
Des inégalités régionales et nationales
Le risque de mort maternelle n’est pas uniforme sur tout le territoire français : l’Île-de-France et les Dom-Tom présentent un taux plus élevé que le reste du pays. Cette différence s’explique en partie par l’existence de sous-groupes à risque dans ces régions. Par exemple, l’Île-de-France abrite plus de femmes d’origine subsaharienne que le reste du territoire. Or, il a été montré que celles-ci sont exposées à un sur-risque de mortalité maternelle (complications de l’hypertension et infections).
Cependant, les auteurs soulignent que le taux de mortalité plus élevé observé dans ces régions est probablement également lié à une organisation des soins non optimale, avec par exemple un accès difficile aux soins pour les populations éloignées des centres hospitaliers dans les Dom-Tom.
Les différentes causes de la mort maternelle
Environ un quart des morts maternelles se produisent pendant la grossesse. Le décès est dans ce cas fréquemment lié aux complications d’une grossesse extra-utérine ou d’une hypertension artérielle.
Un tiers des décès a lieu dans les 24 heures suivant l’accouchement, et le reste se produit dans le mois suivant (un tiers) ou plus tardivement. La première cause de décès est l’hémorragie (25 % des cas), suivie des embolies amniotiques, des thrombo-embolismes et des complications de l’hypertension artérielle.
Une prise en charge améliorable
L’analyse des causes de la mortalité maternelle permet aux auteurs de conclure que plus de la moitié des morts constatées aurait été évitable. En particulier, 90 % des hémorragies auraient pu être évitées si des soins appropriés avaient été prodigués en temps utile. Si le délai de prise en charge n’est plus la cause principale du décès, les erreurs thérapeutiques ou de dosage demeurent nombreuses. Les auteurs appellent donc à une meilleure application des recommandations de bonne pratique clinique : les morts évitables « sont à l’évidence inacceptables », comme le souligne le Pr Crépin dans son éditorial.
L’intégralité du Bulletin épidémiologique hebdomadaire est disponible sur le site de l’InVS.
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