Dépendance
La lutte contre l'alcool, une des priorités du nouveau plan gouvernemental contre les drogues
[APM] Le plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies 2008-2011 présenté mercredi vise en particulier à baisser le nombre d'usagers de produits illicites et de personnes ayant une consommation problématique d'alcool d'ici à 2011.
Le nouveau plan comprend 193 mesures, regroupées en 32 fiches actions thématiques, qui se répartissent en cinq grands axes de politique publique: prévention, communication, information (38 mesures), la lutte contre le trafic de drogues (41 mesures), soins, insertion sociale, réduction des risques (69 mesures), formation, observation, recherche (30 mesures) et international (15 mesures).
Dans le secteur de la prévention, le plan cible en priorité la prévention des entrées en consommation, les usages des produits illicites et les abus d'alcool.
Le plan préconise de mettre en oeuvre une politique de prévention globale comportant simultanément des campagnes d'information pérennes sur les conséquences sanitaires et juridiques des consommations, des actions de prévention en milieu scolaire, en direction des adultes et à destination des milieux professionnels.
Il est prévu la systématisation de la réponse judiciaire à l'usage illicite de drogues, par le biais de stages de sensibilisation aux dangers de l'usage de produits stupéfiants. En matière d'alcool, des mesures seront engagées afin de réduire l'accessibilité des boissons alcoolisées pour les consommateurs les plus jeunes.
Pour lutter contre la hausse de consommations de drogues, le plan prévoit "la mutualisation et le partage des moyens de lutte" contre le trafic de drogues entre les pays.
En matière de soins, d'insertion sociale et de réduction des risques, le plan entend "intensifier et diversifier la prise en charge sanitaire et sociale des usagers de drogues, en ciblant les populations exposées et vulnérables".
Le plan reprend les dispositions du plan de prise en charge et de prévention des addictions 2007-2011 du ministère de la santé et vise à renforcer et à adapter à l'évolution des consommations et aux besoins des usagers la prévention, la réduction des risques, l'offre de soins et l'insertion.
Il prévoit des formations au repérage précoce des addictions, un renforcement des capacités d'hébergement de personnes dépendantes, un rapprochement et une meilleure articulation entre les acteurs du champ médico-social et du champ social, une augmentation du nombre de jeunes accueillis dans les consultations jeunes consommateurs et le développement de nouvelles modalités de prise en charge des usagers de cocaïne.
Il est prévu aussi des actions de prévention, de prise en charge des addictions et des maladies infectieuses, d'aide à la continuité des soins et à l'insertion des personnes détenues.
Des mesures seront engagées afin de prévenir et de prendre en charge l'usage de drogues illicites et d'alcool des femmes enceintes (formation des professionnels, amélioration des modalités d'accès aux structures).
LA RECHERCHE
Un des objectifs du plan est de développer la recherche sur les addictions.
Il prévoit la mise en place d'appels d'offre spécifiques pour susciter des recherches sur les questions liées à la prévention et au repérage précoce des usages à risques des drogues, le lancement d'études sur certains phénomènes naissants ou déjà installés mais sous-estimés au regard des enjeux de santé et de sécurité publiques, telles que les addictions sans produits ou la surconsommation de médicaments psychotropes.
Est prévue aussi la recherche de nouveaux outils diagnostiques et thérapeutiques pour des formes d'addiction qui se développent et pour lesquelles on ne dispose pas de réponses thérapeutiques satisfaisantes (cocaïne, crack, alcool).
Les démarches de recherche en sciences humaines et sociales axées sur l'explicitation des dynamiques économiques, sociales et culturelles seront également soutenues.
Le volet international du plan concerne la création de plateformes internationales permettant l'échange et la coopération dans la lutte contre le trafic de drogues et des projets de coopération.
Dans son introduction, la Mildt explique que "les politiques publiques menées jusqu'à ce jour ont contribué à une meilleure prise en charge sanitaire des usagers et des personnes dépendantes (...) mais ne sont pas parvenues à faire diminuer l'usage de drogues illicites et l'abus d'alcool ni à limiter la polyconsommation de ces produits".
Elle souligne que la politique publique menée en France ces dernières années "n'a pas réussi à faire diminuer sensiblement l'usage de drogues, exception faite de l'héroïne".
"Parmi les raisons invocables, il y a très certainement le choix ayant consisté à concentrer l'attention et l'action des pouvoirs publics sur les usages problématiques de drogues, en particulier au plan sanitaire, au détriment de la prévention des usages simples", estime la mission.
PARIS, 9 juillet 2008 (APM)
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