Epidémiologie
La grippe A(H1N1) a provoqué 18.200 décès dans le monde
Chaque semaine, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publie le décompte des décès confirmés, imputables à un certain nombre de maladies ou de pandémies. La grippe A(H1N1) fait partie de la liste. Selon la dernière mise à jour, qui remonte au 25 juin 2010, le nombre de décès confirmés imputables à la grippe A(H1N1) est, à ce jour, de 18.209 décès à travers le monde. Au total, plus de 214 pays ou territoires d'outre-mer ont rapporté au moins un cas de cette maladie. Ce chiffre de 18.200 décès, qui augmente chaque semaine au fur et à mesure de la remontée des déclarations, est cependant très nettement inférieur à la réalité. Il faudra en effet plusieurs années pour recenser, avec une relative précision, le nombre total de décès et tirer le bilan épidémiologique de cette pandémie. De plus, si la circulation du virus A(H1N1) présente aujourd'hui, selon l'OMS, un faible niveau d'activité, celui-ci est cependant loin d'être nul. Et les spécialistes n'excluent pas une reprise de la circulation du virus dans l'hémisphère nord lors de l'hiver prochain.
Il n'en reste pas moins que le nombre - même provisoire - de décès imputables au virus A(H1N1) se situe très loin de celui de la "traditionnelle" grippe saisonnière, qui provoque couramment 500.000 morts, voire davantage à travers le monde. Cet écart entre des épidémies saisonnières perçues comme banales - ce qu'elles sont en réalité très loin d'être - et une pandémie qui s'est finalement révélée beaucoup moins meurtrière que redouté n'a pas manqué de faire naître des critiques sur les recommandations formulées par l'OMS durant cette crise sanitaire. Ces critiques sont parfois d'autant plus virulentes que la plupart des Etats - comme ce fut le cas de la France - s'en sont directement inspiré pour mettre en place leurs propres politiques.
Dans une note du 10 juin, très argumentée, l'OMS répond point par point à ces différentes critiques. Elle rappelle ainsi qu'il s'agissait bien d'une véritable pandémie, correspondant à un virus d'origine animale présentant une combinaison unique de gènes et qui n'avait encore jamais circulé chez l'homme. Par ailleurs, l'Organisation confirme que les personnes touchées présentaient un profil très différent de celui des grippes saisonnières. La grippe A(H1N1) a en effet touché non pas des personnes âgées, mais des personnes beaucoup plus jeunes et ne présentant pas un état d'affaiblissement. L'OMS se défend également d'avoir exagéré la menace et rappelle que les virus grippaux sont, par nature, instables et peuvent subir des mutations rapides et importantes. Celles-ci rendent les prévisions difficiles, surtout lorsqu'il s'agit d'un nouveau virus. Enfin, l'OMS se défend vigoureusement - et en avançant de nombreux arguments - contre les accusations de conflits d'intérêts entre ses experts et l'industrie pharmaceutique.
Pour plus de renseignements, consultez la note de l'OMS.
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