Société
La Mission de lutte contre les dérives sectaires met en garde le secteur de la santé
[hopital.fr] La Mission de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) alerte les pouvoirs publics et la population sur le recours fréquent aux pratiques non conventionnelles à visées thérapeutiques, notamment pour le traitement de maladies graves comme le cancer.
Le bilan 2010 de la Miviludes atteste le regain d'activité des mouvements à caractère sectaire et s'alarme des discours apocalyptiques prévoyant la fin du monde pour 2012. D'après un récent sondage Ipsos, un quart des Français, soit plus de 15 millions de personnes, disent avoir "été personnellement contacté par une secte ou les membres d’une secte". Pour Georges Fenech, président de la mission, "déboussolé par la chute des idéologies ou les crises économiques, l'individu, en quête de spirituel, devient réceptif aux discours des gourous qui dispensent à prix d'or des remèdes aux angoisses existentielles".
Les médecines "alternatives" connaissent, en effet, un développement croissant et prétendent parfois se substituer aux traitements classiques. La Miviludes attire donc l'attention de l'opinion publique sur les sollicitations thérapeutiques déviantes auxquelles peuvent être exposés notamment les malades du cancer. Le jus de citron, le bicarbonate de soude, la vitamine C et même l'absorption d'urine seraient, d'après certains, des traitements efficaces pour lutter contre le cancer... Ces pratiques sont d'autant plus dangereuses que l'absorption de substances, même naturelles, est susceptible d'occasionner une interaction avec les traitements anticancéreux ou de diminuer leur efficacité. "Le cancer fait peur et les pseudo-thérapeutes exploitent cette peur" se scandalise Georges Fenech.
La Miviludes s'est associée à l'Institut national du cancer (INCa) et au ministère de la Santé pour lancer une campagne de prévention et de sensibilisation à destinations des malades et de leurs familles. Il s'agit d'apprendre à reconnaître les situations et les propositions qui imposent la vigilance : le dénigrement des traitements classiques, les promesses de guérison, les conseils poussant à s'éloigner de son entourage... La formation et l'enseignement dans le domaine des médecines non conventionnelles sont également suspects de dérives sectaires. Ce marché, encore insuffisamment contrôlé, propose "au prix fort et, souvent, à l’issue de cursus rapides, des diplômes ou des certificats dénués de toute validation scientifique". La Miviludes préconise, entre autres, un meilleur contrôle de la part des rectorats et une transparence plus grande sur les objectifs affichés par les établissements qui ne bénéficient pas d'une reconnaissance officielle.
La mission ne récuse pas, pour autant, toutes les médecines "douces". Certaines comme la réflexologie, la méditation, l'acupuncture ou l'homéopathie peuvent en effet aider les malades à supporter leur traitement.
Pour plus de renseignements :
http://www.miviludes.gouv.fr/IMG/pdf/ra2010_mise_en_ligne.pdf
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