Maladie d'Alzheimer
La Haute autorité de santé recommande un suivi personnalisé des aidants familiaux
Pour définir l'aidant familial, la Haute autorité de santé (HAS) s'appuie sur la Charte européenne de l'aidant familial, publiée en 2009. Ce dernier est ainsi "une personne non professionnelle qui vient en aide à titre principal, pour partie ou totalement, à une personne dépendante de son entourage pour les activités de la vie quotidienne. Cette aide régulière peut être prodiguée de façon permanente ou non et peut prendre plusieurs formes, notamment le nursing, les soins, l'accompagnement à la vie sociale et au maintien de l'autonomie, les démarches administratives, la coordination, la vigilance permanente, le soutien psychologique, la communication, les activités domestiques...".
Les aidants familiaux - dont le nombre est estimé à environ trois millions en France - jouent un rôle essentiel auprès des personnes dépendantes, gravement malades ou handicapées. Mais ils sont exposés, parfois sans s'en rendre compte, à un risque d'épuisement physique et de fatigue morale, qui peut avoir de graves répercussions sur leur propre santé et sur leur vie quotidienne (isolement social, difficultés dans l'activité professionnelle...).
Un certain nombre de mesures ont déjà été mises en place - notamment dans le cadre du plan Alzheimer 2008-2012 - en vue d'apporter un soutien aux aidants familiaux : formations gratuites spécialisées, groupes de parole et développement de "structures de répit" offrant une prise en charge temporaire de la personne malade pour permettre à l'aidant de souffler (accueils de jour, accueils temporaire...).
Dans sa recommandation de bonne pratique, destinée plus spécialement aux médecins généralistes, la Haute autorité de santé s'intéresse pour sa part à l'aspect médical. Elle recommande ainsi aux généralistes en contact avec des aidants familiaux de leur proposer une consultation annuelle. Celle-ci devra constituer "un temps spécifique, dédié à l'état de santé de l'aidant naturel, quel que soit son âge, dont les objectifs sont la prévention, le repérage et la prise en charge des effets délétères sur sa santé que cet accompagnement peut induire". En pratique, la HAS demande aux médecins, dans le cadre de cette consultation, de porter une attention particulière à plusieurs éléments, comme l'état psychique de l'aidant, son état nutritionnel et son niveau d'autonomie physique et psychique. Le médecin doit également vérifier les éléments de prévention (calendrier vaccinal et planification des examens de dépistage usuels) et conduire une évaluation des appareils cardio-vasculaire, locomoteur et sensoriel. Il doit aussi - en tenant compte du contexte familial, social et culturel de l'aidant - rechercher une éventuelle souffrance, des troubles anxieux et/ou dépressifs, des troubles du sommeil...
Enfin, la HAS recommande au médecin de proposer à l'aidant familial, chaque fois que nécessaire, les différentes interventions dont il peut bénéficier : groupes de soutien, support téléphonique ou par internet, formation, psychothérapie individuelle ou familiale...
Pour plus de renseignements, consultez le site de la HAS.
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