Alzheimer
« La Course contre la montre » sur France 2 le 22 septembre à 23h35
[hopital.fr] A l’occasion de la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer le 21 septembre, France 2 diffuse un documentaire tourné pendant quatre ans dans le service de neurologie du Professeur Bruno Dubois à la Pitié-Salpêtrière (Paris). Rencontre avec les réalisateurs.
Maisons-de-retraite.fr : Quelle est l’origine de ce documentaire ?
Pierre-Olivier François et Pierre Bourgeois : Les producteurs, Gero von Boehm, Christian Popp et France 2, voulaient évoquer la Journée mondiale d’Alzheimer mais de manière originale. C’est-à-dire en ne faisant ni un film médical ni une série de portraits comme cela avait déjà été fait par le passé. Est ainsi né le projet d’un film grand public sur le long cours qui met en scène les patients, les équipes médicales, les proches. Notre objectif était de faire un film scientifique sans perdre l’empathie que mérite tout patient suivi dans un film.
Quelle est l’originalité de ce projet tourné dans le service du professeur Dubois à la Pitié Salpêtrière ?
Le film a été tourné sur une durée incroyablement longue pour un documentaire : quatre ans. Cela vient du fait que nous avons suivi un essai thérapeutique, le protocole Hippocampe. Le nom vient du fait que la maladie se déclare en effet dans la zone du cerveau appelée hippocampe, là où se forment les souvenirs.
L’essai thérapeutique a commencé en 2007 et s’est prolongé jusqu’en mars 2011. Parmi les 210 malades qui y ont participé, nous en avons suivi trois – Alexandre, Thérèse et Roger – pendant leurs examens médicaux, leurs tests de mémoire.
En prescrivant un médicament qui atténue légèrement les symptômes chez les malades au stade avancé à des patients récemment diagnostiqués, les neurologues cherchent à savoir si celui-ci peut freiner voire bloquer la maladie. Les résultats sont très positifs car la destruction de l’hippocampe est réduite de moitié.
Comment se sont passées les relations avec les patients ?
Les patients ont été très accueillants du fait de la durée du tournage : nous faisions peu à peu partie de leur quotidien lorsqu’ils se rendaient à l’hôpital pour le protocole. Nous avons pu aussi nouer des liens lorsque nous nous rendions chez eux.
« La Course contre la montre ». Pourquoi ce titre ?
Parce qu’il s’agit d’un compte à rebours : le temps de la recherche n’est pas le temps des malades. « On est une génération sacrifiée », confie l’un des patients bien conscient que la maladie d’Alzheimer est pour le moment une pathologie incurable.
Quel message avez-vous souhaitez transmettre ?
Nous avons fait un film empathique, pas du tout anxiogène afin de démythifier la maladie. Nous avons souhaité montrer qu’on peut communiquer avec les malades en dépit de leurs oublis.
Qu’est-ce qui vous a le plus marqué par rapport à la maladie d’Alzheimer ?
D’une part, nous avons été marqués par l’opiniâtreté des chercheurs et des médecins pour trouver un remède à cette maladie. D’autre part, nous avons été frappés par le fait que cette maladie, qui touche de plus en plus de monde, interroge la position de la personne âgée au sein de la famille – et de la société.
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