Pédiatrie
L'obésité infantile recule en France
[hopital.fr] Les chiffres du surpoids reculent chez les enfants de 5 à 6 ans, mais avec de fortes inégalités sociales. Aujourd'hui, un enfant d'ouvrier ou scolarisé en ZEP a plus de risque d'être en surcharge pondérale qu'un enfant de cadre.
La France s'inscrit parmi les bons élèves des pays industrialisés sur le terrain du recul de l'obésité infantile. Une enquête nationale, pilotée par la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) du ministère de la Santé, publiée en septembre, montre une baisse encourageante du surpoids chez les enfants de 5 à 6 ans : 12,1% d'enfants de cette tranche d'âge en surpoids en 2005-2006 (dont 3,1% d'obésité) contre 14,4% en 1999-2000 (dont 3,4% d'obésité). L'étude, menée sur l'année scolaire 2005-2006, portait sur un échantillon d'environ 23.000 élèves inscrits en grande section de maternelle dans des écoles publiques ou privées, en France métropolitaine et dans les départements d'outre-mer.
Mais cette baisse n'est pas la même pour tous et partout. Le risque, pour un enfant d'ouvrier, d'être en surpoids (13,9%, dont 4,3% d'obésité) reste plus important que celui d'un enfant de cadre (8,6%, dont 1,2% d'obésité). Les inégalités sociales - liées à la catégorie socio-professionnelle des parents, au niveau de leurs revenus, au lieu d'habitation et de scolarisation... - pèsent donc dans la balance en matière de santé nutritionnelle. L'étude souligne notamment que les élèves scolarisés en zone d'éducation prioritaire (ZEP) ont souvent un indice de masse corporelle (IMC, rapport poids/taille au carré) supérieur à la normale. Par ailleurs, l'amélioration est nettement plus lente chez ces élèves : le recul du surpoids au cours de la période est ainsi de -9% contre -24% hors ZEP, tandis que le recul de l'obésité est respectivement de -8% et -17%.
L'enquête montre aussi que sédentarité et surpoids vont souvent de pair. En effet, les enfants souffrant d'obésité consacrent moins de temps aux jeux en plein air et privilégient plutôt les loisirs sur écran (jeux vidéos, ordinateur, télévision). Ainsi, dès le plus jeune âge, le surpoids est étroitement lié aux habitudes alimentaires et à l'activité physique qui, selon l'étude, varient en fonction de l'appartenance sociale de l'enfant. Les jours d'école, 24% des enfants de cadres passent au moins une heure devant un écran, contre 47% des enfants d'ouvriers. En matière d'alimentation, les enfants de cadres mangent davantage de fruits et légumes, consomment moins de boissons sucrées et sont plus nombreux à prendre un petit-déjeuner quotidien.
Au-delà des facteurs économiques, ces différences de comportements s'expliquent, en partie, par des écarts de représentations : pour les familles modestes, l'alimentation est moins souvent considérée comme un facteur de santé. Par ailleurs, les messages de prévention sur la nutrition sont souvent perçus comme contraignants et difficiles à mettre en œuvre. Les campagnes de sensibilisation déployées depuis 2001 avec le programme national nutrition santé (PNNS) n'ont pas eu l'impact attendu sur les foyers modestes ou en situation précaire, pourtant identifiés comme cibles prioritaires de ce programme. Pour gagner en efficacité, les actions du futur PNNS prendront mieux en compte les inégalités sociales de santé et la nécessité de pratiquer une activité physique au quotidien.
Enfin, les disparités s'inscrivent également au niveau régional : l'Alsace, la Corse, et la Picardie affichent des prévalences de surpoids autour de 15%. De façon globale, les régions du Midi, du Nord et de l'Est de la France se caractérisent par une forte proportion d'enfants souffrant de surcharge pondérale. A l'inverse, la région des Pays de la Loire se distingue par des chiffres nettement inférieurs à la moyenne nationale (6,6% de surpoids, dont 1,8% d'obésité).
L'étude est disponible sur le site du ministère de la Santé et des Sports.
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