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Personnes âgées

L'intérêt de l'admission des personnes très âgées en soins intensifs mis en doute

08.7.2011

[APM] L'intérêt de l'admission en soins intensifs des personnes très âgées après une admission aux urgences est mis en doute par une étude observationnelle française, dans les Archives of Internal Medicine.

Le bénéfice des soins intensifs pour les personnes très âgées est discuté depuis près de 20 ans, rappellent les auteurs de l'étude ICE-CUB. Mais on n'a toujours pas de réponse claire. Des études ont montré une mortalité équivalente, que les patients très âgés soient admis ou non en soins intensifs, mais ces études n'avaient pas ajusté les résultats pour différents facteurs de biais. Et une étude randomisée est impossible à réaliser car elle ne serait pas éthique.

Les chercheurs ont donc conduit une analyse de l'étude observationnelle ICE-CUB menée dans 15 hôpitaux franciliens.

Dans cette étude chez 2.646 patients âgés de plus de 80 ans admis aux urgences avec une pathologie nécessitant potentiellement une admission en réanimation, les 14,4% de patients qui sont effectivement allés en réanimation (12,4% directement et 2% après un passage par un autre service) ont été comparés aux patients qui n'y sont pas allés.

Ces patients ont été suivis durant 185 jours en médiane. Ariane Boumendil de l'Inserm à Paris et ses collègues ont estimé qu'il était plus pertinent de s'intéresser à la survie à long terme qu'à la survie hospitalière, pour évaluer le bénéfice potentiel du passage en soins intensifs.

Une première analyse montrait des courbes de survie pratiquement identiques que les patients très âgés soient allés ou non en réanimation. Mais une analyse prenant en compte un certain nombre de facteurs de biais a montré une diminution de la survie chez les patients passés en réanimation, suggérant non seulement qu'il n'y a pas de bénéfice mais même qu'il y a un effet défavorable.

La mortalité était augmentée de 19% chez les patients qui sont allés en réanimation. Cette augmentation était statistiquement significative.

Les auteurs soulignent prudemment deux limites à leur analyse: ils n'avaient pas d'information sur les possibles limitations thérapeutiques; et il ne s'agissait pas d'une étude randomisée et des facteurs de biais résiduels pourraient ne pas avoir été pris en compte.

(Archives of Internal Medicine, vol.171, n°12, p1116-1117)

logo APM (Agence de Presse Médicale)

7 juillet 2011

fb/so/APM
redaction@apmnews.com



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