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Grossesse

L'exposition maternelle aux polluants de l'air liés au trafic routier a bien un effet néfaste sur la croissance foetale

22.2.2008

[APM] - L'exposition maternelle aux polluants de l'air liés au trafic routier a bien un effet néfaste sur la croissance foetale, confirme une étude française.Ces résultats ont été présentés en fin de semaine dernière aux rencontres scientifiques organisées par l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) sur le thème de la qualité de l'air et de la santé.

Rémy Slama, chercheur à l'unité Inserm U822, au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), et ses collègues ont eu recours à la cohorte Eden englobant deux maternités de Poitiers et de Nancy et ont recruté 2.002 femmes non fumeuses à la 22ème semaine de grossesse.
Elles ont porté un échantillonneur passif destiné à mesurer les taux de benzène durant sept jours consécutifs. Elles ont été suivies jusqu'à l'accouchement, en bénéficiant d'une échographie foetale entre 20 et 24 semaines de grossesse puis entre 30 et 34 semaines.
A la naissance, le périmètre crânien du bébé ainsi que son poids ont été mesurés. Ont par ailleurs été pris en compte, pour l'analyse, l'âge gestationnel, le tabagisme passif (dosage de la cotinine dans les urines), le sexe de l'enfant et, pour la mère, la parité, le niveau d'éducation, la taille et le poids avant la grossesse.

Les résultats mettent en évidence une baisse du périmètre crânien du nourrisson à la naissance de 5 mm en moyenne, dans une fourchette allant de -1 mm à -9 mm, pour une exposition au benzène supérieure à 4 µg/m3, par rapport au niveau moyen dans l'air de 2 µg/m3, rapporte Rémy Slama en soulignant que cet effet néfaste "pourrait se manifester se manifester dès le milieu de la grossesse".
Selon, le chercheur, l'intérêt de ce travail réside dans le fait qu'il a intégré toutes les sources d'exposition au benzène dans l'air.
"Nous avons observé que le trafic routier était tel qu'il entraînait une exposition plus élevée au benzène à Nancy qu'à Poitiers. En outre, la concentration moyenne de benzène accuse une augmentation de plus de 0,9 µg/m3 chez toutes les femmes utilisant la voiture comme principal mode de transport. Enfin, l'effet apparent du benzène pourrait être en partie lié à d'autres polluants relatifs au trafic routier", indique-t-il.

L'étude a également confirmé l'effet néfaste du tabagisme passif durant la grossesse sur le nourrisson en mettant en évidence une diminution moyenne de 6 mm du périmètre crânien à la naissance.
Le chercheur signale néanmoins les limites de cette étude. "L'estimation a été réalisée durant une période courte (sept jours) de la grossesse. Il existe par ailleurs des variations saisonnières dans les niveaux de pollution atmosphérique. Le benzène pris en compte a concerné la portion se trouvant en phase gazeuse et non celle absorbée par les particules. Enfin, la demi-vie de la cotinine est courte chez la femme enceinte", précise-t-il.

Rémy Slima est également l'auteur d'une étude franco-allemande ayant montré l'effet néfaste sur le poids de naissance de l'exposition maternelle aux polluants de l'air liés au trafic routier (cf dépêche APM VBKFR003).

ajr/vdb/eh/APM

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PARIS, 20 février 2008 (APM)

redaction@apmnews.com



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