Epidémiologie
L'espérance de vie s'accroît mais les inégalités devant la mort persistent
[hopital.fr] En 25 ans, l'espérance de vie des Français a globalement progressé, mais des inégalités entre catégories sociales demeurent. C'est le constat d'une récente étude de l'Insee. Retour sur les principaux résultats.
Selon l'enquête de l'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques), les hommes âgés de 35 ans ont gagné cinq années d'espérance de vie et les femmes quatre années et demie. Une progression notable qui a bénéficié à tous les groupes sociaux. Mais des écarts entre catégories socioprofessionnelles persistent.
Ainsi, un cadre vit en moyenne 6,3 ans de plus qu'un ouvrier. Chez les femmes, cet écart est de 3 ans. Une femme cadre de 35 ans peut ainsi espérer vivre en moyenne jusqu'à 87 ans, une ouvrière jusqu'à 84 ans. Du côté des hommes, l'espérance de vie est de 82 ans pour les cadres et de 76 ans pour les ouvriers. En outre, le risque de mourir précocement est plus important chez ces derniers. En effet, le risque de décéder avant 60 ans est de 13 % pour cette catégorie, contre 6 % pour un cadre. Et un ouvrier sur deux n'atteindra pas 80 ans, contre un cadre sur trois.
Les cadres vivent non seulement plus vieux, mais aussi en meilleure santé. Plusieurs facteurs expliquent ces disparités, parmi lesquelles la nature du métier exercé. En effet, les cadres sont moins exposés professionnellement, notamment en termes de pénibilité (conditions d'hygiène, environnement de travail, risques, efforts physiques...). Ils ont moins d'accidents et de maladies que les ouvriers. De plus, leur mode de vie favorise un meilleur état de santé et ils bénéficient plus souvent d'une complémentaire santé. A contrario, les comportements à risque comme le tabagisme, le recours insuffisant aux soins, ou encore les cas d'obésité sont plus fréquents chez les ouvriers.
En matière de longévité, les femmes sont les gagnantes toutes catégories. Quelle que soit leur situation socio-économique, elles vivent plus longtemps que les hommes. Ainsi, l'espérance de vie des ouvrières est supérieure d'un an et demi à celle des hommes cadres, malgré des revenus inférieurs et des conditions de travail souvent plus difficiles.
Plusieurs éléments contribuent à ce résultat : les ouvrières consomment moins d'alcool que les hommes cadres et, après 60 ans, fument moins. Elles bénéficient également d'un meilleur suivi médical, notamment quand elles sont en âge de procréer ou ont des enfants. Enfin les femmes seraient dotées d'un "avantage biologique", leur assurant une longévité plus importante que celle des hommes.
Pour plus de renseignements :
http://www.insee.fr/fr/ffc/ipweb/ip1372/ip1372.pdf
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