Tabagisme
Interdiction de fumer dans les lieux publics: le CNCT dresse un bilan positif à un an
[APM] Le Comité national contre le tabagisme (CNCT) a dressé un bilan positif près d'un an après l'entrée en vigueur de l'interdiction de fumer dans les lieux à usage collectif.
Dans un communiqué de presse, le comité a rappelé mardi que la Direction générale de la santé (DGS) lui avait confié la mission de préparer, mettre en oeuvre, accompagner et évaluer la mesure de protection des personnes à l'égard des risques sanitaires du tabagisme passif dans les restaurants, cafés, discothèques et hôtels, seconde phase du décret d'interdiction de fumer dans les lieux à usage collectif.
Près d'un an après l'entrée en vigueur du décret d'interdiction de fumer dans les cafés, hôtels, restaurants et discothèques (1er janvier 2008), le CNCT a dressé le bilan de cette mesure mené en concertation avec les organisations professionnelles de ce secteur.
Il affirme que la mesure est "globalement bien respectée" et qu'elle bénéficie "d'une grande popularité".
Depuis mars 2008, le soutien du public à la mesure s'établit en moyenne à 95% pour la clientèle non-fumeuse et à 85% pour la clientèle fumeuse des restaurants. En ce qui concerne les bars-discothèques, cette proportion est respectivement de 90% et 60%, selon des données de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) (cf dépêche APM SOLET001).
Le comité affirme que la mesure a eu un impact positif en termes de santé publique même si aucune donnée française n'a été publiée en population générale.
Il met enavant la publication de deux études menées en Italie et en Ecosse, où l'interdiction de fumer s'applique respectivement depuis janvier 2005 et mars 2006. Ces études montrent une diminution significative et importante des hospitalisations pour infarctus du myocarde (-11% en Italie et -17% en Ecosse).
"Le recueil et l'analyse des données concernant la France permettront, selon un calendrier scientifique comparable, d'évaluer avec précision l'impact de la suppression du tabagisme passif dans les lieux à usage collectif sur la réduction des accidents cardiovasculaires", souligne le CNCT.
Les résultats de l'étude EVINCOR destinée à évaluer l'impact sur les syndromes coronaires aigus des deux volets du décret d'interdiction de fumer dans les lieux publics en 2007 et 2008 sont attendus début 2009, rappelle-t-on (cf dépêche APM CCLCI001).
Le CNCT rapporte les résultats d'une étude présentée en novembre au congrès de la Société française de tabacologie sur les effets de la soustraction tabagique passive sur la fonction endothéliale des salariés des bars cafés restaurants discothèques (étude Dilater) montrant une amélioration de la fonctionnalité des artères des salariés soumis à l'interdiction de fumer.
Le comité note aussi que le décret a eu une "incidence positive sur la réduction du tabagisme dans son ensemble" puisque les ventes de cigarettes ont diminué de 2,8% en volume depuis le début 2008, selon des données de l'Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) et indique qu'une étude est en cours pour évaluer l'impact macro-économique de la mesure.
Pour dresser ce bilan, le CNCT a travaillé avec l'Institut pour le développement des cafés et cafés brasseries (IDCCB), le Syndicat national de l'alimentation et de la restauration rapide (SNARR), le Syndicat national des discothèques et lieux de loisirs (SNDLL), le Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs (Synhorcat), le Syndicat national de la restauration publique organisée (SNRPO), le Syndicat national de la restauration thématique des chaînes (SNRTC), l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH), la Chambre syndicale des cabarets artistiques et discothèques (CSCAD) et la Mairie de Paris.
co/eh/APM polsan
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PARIS, 24 décembre 2008 (APM)
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