Etablissement d’Hospitalisation à domicile
Avantageux mais mal connu
Le Dr Elisabeth Hubert, présidente de la Fédération nationale des établissements d’hospitalisation à domicile (FNEHAD) participe d’ailleurs ce soir, à l’hôpital Saint Joseph dans les Bouches du Rhône, à une soirée conférence destinée à expliquer aux médecins généralistes et aux professionnels de santé le fonctionnement et les avantages de l’HAD.
Hospimedia : Lors du dernier congrès de la FNEHAD en juin 2007, vous annonciez 8208 places en HAD pour 215 structures les chiffres sont-ils toujours les mêmes ?
Elisabeth Hubert : Sensiblement, on peut estimer qu'aujourd'hui le nombre de places se situe entre 8500 et 9000.
H. : Alors que différents rapports (comme le rapport Attali ou les rapports sur les ARS) prônent le développement de l'HAD, vous participez encore à des réunions de présentation, de vulgarisation. Cela signifie-t-il que cette pratique est mal connue ?
E.H. : La méconnaissance de l'HAD perdure en effet dans tous les publics. Cela peut s'expliquer en partie pour le grand public par le nombre limité de places, voire l'inexistence de l'HAD sur certains territoires. Actuellement, tous les français sont loin d'être égaux face à l'accès à une offre d'HAD. Côté professionnels, l'ignorance de ce type d'exercice peut susciter des craintes. Certains médecins libéraux redoutent encore que l'HAD soit chronophage... Et des hospitaliers expliquent leurs hésitations en avançant comme argument la sécurité des soins. Des institutionnels (administratifs, assurance maladie) eux-mêmes sont parfois peu enclins, toujours par méconnaissance, à accompagner le développement de l'HAD avançant des raisons de coûts... Les établissements d'HAD, par exemple, ne sont pas représentés à la conférence nationale de santé.
H. : Lors de son dernier congrès, la FNEHAD avait souhaité qu'un référentiel des pratiques soit établi en concertation avec la HAS et la DHOS pour une meilleure identification du concept de l'HAD mais aussi pour établir une typologie des malades concernés. Qu'en est-il ?
E.H. : C'est en effet un travail que la FNEHAD va mener dans l'année à venir. Régulièrement, les professionnels de santé rencontrent beaucoup de difficultés pour identifier les malades qui relèvent de l'HAD. Mal positionnée, l'hospitalisation à domicile peut même se révéler coûteuse. Par contre, dans le cadre d'une alternative à une hospitalisation, le rapport de coût est de un pour l'HAD alors qu'il se situe entre trois et cinq pour une hospitalisation traditionnelle.
H. : Vous avez aussi suggéré que les structures d'hospitalisation à domicile deviennent des lieux d'accueil pour les stages des étudiants de toutes les professions de santé. Ce projet est-il toujours d'actualité ?
E.H. : Je vais en effet prochainement rencontrer les représentants de la conférence des doyens d'université de médecine à ce sujet pour, notamment, permettre aux internes (en médecine) de réaliser des stages en établissements HAD... Même si ces établissements n'ont pas de mur, ils possèdent le statut d'établissements de santé.
H. : Depuis le décret du 22 février 2007, les structures d'HAD peuvent désormais intervenir en maison de retraite. Quels changements cela a-t-il entraîné ?
E.H. : Alors que le décret est paru il y a un an, les derniers textes d'application ont seulement quelques mois. La facturation des actes, effectués dans ces conditions, est aussi difficile car l'assurance maladie n'a pas encore informatisé le process. Il est donc difficile d'apprécier les conséquences de ce décret.
Propos recueillis par Lydie Watremetz
Le 26.02.08 -HOSPIMEDIA
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