Prévention
Attention aux dangers du monoxyde de carbone
[hopital.fr] La tempête Xynthia du 28 février a attiré l'attention sur une conséquence des coupures d'électricité : le recours à des chauffages d'appoint. Dans ce cas, le ministère de la Santé rappelle que la prudence s'impose.
Au lendemain de la tempête, plusieurs centaines de milliers de foyers étaient privés d'électricité. Et, dans certaines zones isolées ou dans les secteurs forestiers, cette situation peut parfois se prolonger durant plusieurs jours. Il faut en effet du temps aux services d'EDF pour réparer l'ensemble des lignes et pylônes détruits par les nombreuses chutes d'arbres.
Ces coupures durables, qui interrompent le fonctionnement des chaudières, peuvent inciter les particuliers à utiliser des appareils de chauffage d'appoint ou des groupes électrogènes. Or, l'utilisation de ces matériels doit faire l'objet de précautions rigoureuses. La direction générale de la santé appelle donc chacun "à la plus grande vigilance quant à l'utilisation d'appareils de chauffages d'appoint et de groupes électrogènes". Le danger porte en effet un nom : le monoxyde de carbone. Sous cet intitulé se cache un gaz incolore et inodore, dont la densité est voisine de celle de l'air. Ce gaz résulte d'une combustion incomplète, quel que soit le combustible utilisé : bois, butane, charbon, essence, fuel, gaz naturel, pétrole, propane... Le monoxyde de carbone a aussi la particularité de se diffuser très rapidement dans l'environnement et d'être absorbé en quelques minutes par l'organisme, en se fixant dans le sang. Il est aussi particulièrement dangereux : 0,1% de CO dans l'air tue en une heure, 1% de CO dans l'air tue en 15 minutes et 10% de CO dans l'air tuent immédiatement. L'intoxication au monoxyde de carbone se manifeste par différents symptômes : maux de tête, nausées, confusion mentale et fatigue. Mais, durant la nuit, une intoxication mortelle est possible sans que le dormeur prenne conscience du danger.
Il ne s'agit pas d'un risque théorique : chaque année en France, le monoxyde de carbone tue une centaine de personnes, et environ 5 000 personnes sont victimes d'une intoxication, dont un millier doivent être hospitalisées (avec parfois des séquelles à vie). Face à ce danger, le ministère rappelle quatre consignes de sécurité qu'il faut absolument respecter :
- ne jamais installer un groupe électrogène dans un lieu fermé (maison, cave, garage...), mais toujours à l'extérieur des bâtiments (ce qui permet la dispersion du monoxyde de carbone) ;
- ne jamais utiliser de façon prolongée un chauffage d'appoint à combustion ;
- ne jamais obstruer les grilles de ventilation existant dans le logement, même par grand froid ;
- aérer quotidiennement son habitation, même par temps froid.
Ces précautions, qui valent en toutes circonstances, sont plus importantes encore après une tempête, lorsque les utilisateurs des chauffages d'appoint et groupes électrogènes ne sont pas forcément familiers de ces matériels. Lors de la tempête Klaus, en janvier 2009, les intoxications au monoxyde carbone avaient provoqué deux décès, 28 intoxications graves et 126 intoxications légères sur quatorze départements du Sud-ouest et du Sud de la France.
Pour plus d'informations, consultez la brochure sur le monoxyde de carbone publiée par l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé.
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