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Obésité

20 sociétés savantes proposent l'interdiction de la publicité TV alimentaire pour enfants

06.10.2009

[APM] Vingt sociétés savantes ont proposé mardi dans un communiqué 17 chantiers prioritaires à la commission pour la prévention de l'obésité, parmi lesquels figure l'interdiction de la publicité télévisuelle de certains produits alimentaires destinée aux enfants.

L'Elysée a annoncé vendredi la mise en place d'une commission pour la prévention de l'obésité qui doit rendre ses conclusions à la mi-décembre, rappelle-t-on (cf dépêches APM HMMJ2005 et HMMJ5001).

"Il faut maintenir la dynamique" impulsée par le Programme national nutrition santé (PNNS), "l'amplifier sur certains points et surtout mettre en place certaines mesures qui n'ont pu voir le jour", sachant que "des disparités sociales majeures persistent sur le plan nutritionnel", indiquent les signataires d'un communiqué (médecins, nutritionnistes, pédiatres, spécialistes de santé publique, diététiciens, acteurs de terrain...), diffusé par la Société française de santé publique (SFSP).

"Seule une impulsion présidentielle peut, aujourd'hui, lever les freins par des leviers législatifs, économiques et sociaux que les seuls ministères concernés (santé, agriculture, éducation...) n'ont pu obtenir à ce jour", ajoutent-t-ils, en présentant une liste non exhaustive de 17 grands chantiers prioritaires (en milieu scolaire, en population générale, vers le système de santé et vers les milieux défavorisés).

Parmi les actions en population générale, figure l'interdiction par voie réglementaire de la publicité télévisuelle aux enfants pour tous les produits alimentaires (à l'exception des aliments dont la promotion est compatible avec les objectifs du PNNS) aux horaires du matin avant l'école, ainsi que les mercredi, samedi et dimanche matin.

A la mi-2008 et début 2009, une vingtaine de sociétés savantes, qui étaient en grande partie les mêmes que les signataires actuels, avaient déjà lancé un appel pour réglementer la publicité alimentaire visant les enfants. Finalement, seule une charte a été signée par les ministères de la santé et de la culture, les annonceurs de l'agro-alimentaire et des professionnels de l'audiovisuel et de la publicité, rappelle-t-on (cf dépêches APM CCLFU002, APM SNMC3003 et APM VBMBI001).

Les nouveaux signataires demandent également d'interdire par voie réglementaire, dans les télé-achats et dans les autres systèmes de promotion grand public, la vente de produits alimentaires de régime, de compléments alimentaires, de vêtements spéciaux et d'appareils de gymnastique passive suggérant une efficacité sur le contrôle du poids et dont l'intérêt n'a pas été validé par un comité d'experts nommé par les pouvoirs publics.

Ils recommandent de renforcer les actions de communication de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) par une exonération du prix d'achat d'espace pour ses campagnes de promotion de la nutrition sur les chaînes publiques de télévision et de radio, notamment lors des tranches horaires enfants.

Ils préconisent enfin la promotion de l'allaitement maternel et l'augmentation de la durée du congé maternité, ainsi que l'apposition de logos nutritionnels clairs sur les bons aliments à promouvoir.

Parmi les actions pour le milieu scolaire figurent l'obligation de normes pour la composition des repas et de dépistage de l'obésité par la médecine scolaire, avec un renforcement de l'articulation avec les réseaux de prise en charge de l'obésité et le recueil systématique des données anthropométriques à destination de l'Institut de veille sanitaire (InVS).

Dans les actions vers le système de santé, on trouve la mise en place de comités de liaison alimentation nutrition (Clan) dans les hôpitaux (qui doit être rendue obligatoire) et de réseaux régionaux de prise en charge de l'obésité, la nomination d'un médecin référent nutrition dans chaque établissement hospitalier et médico-social en relation avec les unités de diététique, la mise en place d'une tarification ad hoc d'évaluation de l'état nutritionnel à l'hôpital, le développement de la délégation de tâches entre professionnels, la définition d'un statut de médecin nutritionniste et l'harmonisation des formations au niveau européen.

*Les signataires du communiqué sont: l'Association de langue française pour l'étude du diabète et des maladies métaboliques (Alfediam), l'Association des épidémiologistes de terrain (Epiter), l'Association des médecins inspecteurs de santé publique (Amisp), l'Association française d'études et de recherches sur l'obésité (Afero), l'Association française de pédiatrie ambulatoire (Afpa), l'Association française des diététiciens nutritionnistes (AFDN), l'Association française des épidémiologistes de langue française (Adelf), l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa), l'Association pour la prévention et la prise en charge de l'obésité en pédiatrie (Apop), le Collège des enseignants de nutrition (CEN), le Collège universitaire des enseignants en santé publique (Cuesp), la Fédération française de cardiologie (FFC), la Fédération nationale des comités d'éducation pour la santé (Fnes), la Ligue nationale de lutte contre le cancer, la Nouvelle société française d'athérosclérose (NSFA), la Société française de nutrition (SFN), la Société française de pédiatrie (SFP), la Société française de santé publique (SFSP), la Société française d'hypertension artérielle (SFHTA) et la Société francophone nutrition clinique et métabolisme (SFNEP).

vdb/ab/APM polsan
redaction@apmnews.com

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PARIS, 6 octobre 2009 (APM)



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